|
AGRICULTURE & ENVIRONNEMENT
ACTUALITES
RÉDUCTION DES FERTILISANTS ET DES
PRODUITS PHYTOSANITAIRES,
SYSTÈMES DE CULTURE DURABLES : L’AGRICULTURE S’ENGAGE !
Alors que le contexte réglementaire se
complexifie et que les mesures se multiplient, une enquête menée par les
Chambres d’agriculture de Normandie montre que les agriculteurs normands sont
ouverts sur une majorité de mesures proposées pour contribuer à l’atteinte
des objectifs environnementaux de leurs territoires. Ils se disent cependant
très préoccupés par des exigences qui mettraient en péril leur revenu et
demandent qu’elles soient compatibles avec la viabilité de leurs
exploitations. Afin d’accompagner les agriculteurs dans ces nouveaux défis,
les Chambres d’Agriculture de Normandie s’engagent dans des actions phares
et structurantes relatives à la réduction des intrants et à l’élaboration
de systèmes de production innovants et durables.
Des agriculteurs sensibilisés aux enjeux de l’eau et des pratiques
environnementales déjà bien ancrées
Au travers d’une consultation menée à l’automne
2008 par les Chambres d’agriculture (1160 réponses), les exploitants
agricoles de Normandie ont réaffirmé leur volonté de contribuer positivement
aux actions en faveur de l’environnement et plus particulièrement au maintien
de la qualité de l’eau.
Consulter
l'ensemble des résultats (fichier pdf - 2 pages)
Consultation des professionnels réalisée avec le soutien du
FNADT.
Les Chambres d’Agriculture de Normandie s’engagent aux côtés des agriculteurs
|
Afin de répondre aux défis de la réduction des intrants et de l’évolution des systèmes de production, les Chambres d’Agriculture de Normandie s’impliquent fortement dans des actions phares et structurantes
telles que :
-
des actions sur «l’efficience des intrants et la
qualité de l’eau» et «la conception, diffusion de systèmes de
production et d’exploitation agricoles durables adaptés à des enjeux environnementaux de territoires» : 39 agents
impliqués avec pour objectif d’acquérir des références, de proposer des outils et d’accompagner les agriculteurs normands
dans leur évolution de pratiques.
-
le Réseau Mixte Technologique «Systèmes de culture innovants» : suivi de 10 fermes dans le cadre d’un réseau d’expérimentations pour évaluer au champ les systèmes de culture les plus prometteurs, vérifier leurs performances et
leur faisabilité sur le terrain.
|
Un contexte réglementaire
dense et complexe
Des enjeux environnementaux multiples : protection des captages et amélioration de la qualité de l’eau, développement de la biodiversité, préservation de la qualité de l’air, gestion et conservation du patrimoine sol…
De nombreuses réglementations françaises et européennes pour protéger l’environnement : Directives cadres européennes sur l’eau ou sur l’utilisation des pesticides, conditionnalité des aides PAC, Loi sur l’eau, projets de Loi du Grenelle de l’environnement, Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux, 4e programmes d’actions Directive nitrates…
des évolutions de pratiques nécessaires et à intégrer dans un laps de temps parfois très court (implantation de bandes enherbées le long des cours d’eau, pratiques d’épandage des fertilisants et des produits phytosanitaires minimisant les risques de ruissellement vers les milieux aquatiques, couverture des sols afin de limiter les risques de lessivage…). |
|
Publication réalisée avec le concours
des fonds Casdar
|
 |
Collecte 2009 des Produits Phytosanitaires
Non Utilisables
Une campagne s’annonce :
inscrivez-vous auprès de votre distributeur !
Une nouvelle collecte des PPNU est en cours de
préparation à l’échelle bas-normande : organisée par les
distributeurs via la filière ADIVALOR, sa mise en œuvre va comporter quelques
nouveautés par rapport aux trois précédentes collectes dont l’objectif
était l’élimination des produits "en stock".
-
La participation à la collecte passe à présent par une
pré-inscription obligatoire qui détermine le maillage des sites qui
réceptionneront les produits (nécessité d’avoir plus de 500 Kg par site
pour organiser une collecte). Contactez votre distributeur pour faire le point sur les produits que vous souhaitez éliminer.
-
Les
produits dont les bidons portent le logo ADIVALOR seront repris gratuitement
(jusqu’à 100 Kg – coût d’élimination compris dans le prix d’achat
du produit), les autres se verront facturer des coûts de reprise à hauteur
de 2 €HT/Kg (avec un minimum de facturation de 10 €HT).
-
Une fois les pré-inscriptions regroupées, la période et
les sites de collecte seront déterminés.
Attention,
si les pré-inscriptions sont insuffisantes, la collecte n’aura pas
lieu.
Il est donc important de se mobiliser.
CONSULTATION SUR L’EAU : Les orientations agricoles du projet de
SDAGE
Dans le cadre de la révision du Schéma Directeur d’Aménagement
et de Gestion des Eaux (SDAGE), l’Agence de l’Eau lance une consultation
pour recueillir l’avis des foyers du bassin Seine-Normandie sur les
propositions faites pour atteindre un bon état de l’eau en 2015.
Qu’est-ce que le SDAGE ?
Fin 2000, la Directive Cadre Européenne sur l’Eau (DCE) s’est
donnée comme objectifs d’harmoniser l’ensemble des textes sur l’eau et de
faire converger les politiques des différents pays européens vers un but
commun : atteindre le " bon état écologique " des
eaux en 2015.
Le Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux
(SDAGE), crée par la Loi sur l’eau de 1992, est un outil qui définit, pour
chaque bassin, les orientations sur les questions de qualité, de quantité,
de gestion de l’eau… qui seront ensuite appliquées au niveau local. L’actuel
SDAGE du bassin Seine-Normandie a été voté en 1996. Sa révision est en
cours afin d’intégrer les objectifs de la Directive Cadre sur l’Eau. La
nouvelle version du SDAGE s’appliquera à partir de 2010.

Quels sont les enjeux pour l’agriculture ?
Pour répondre à l’objectif de bon état
des eaux en 2015 fixé par la DCE, le SDAGE propose toute une série d’orientations
qui concernent les industriels, les collectivités mais aussi les agriculteurs. La
Profession agricole partage l’objectif de maintien et d’amélioration de la
qualité de l’eau visé par le SDAGE mais elle discute certaines mesures
proposées pour y parvenir.
Grâce à la recherche et à la
connaissance, de nombreuses actions ont été engagées et ont fait
évoluer les pratiques des agriculteurs normands. Cela permet aujourd'hui l'émergence
de systèmes d'exploitations répondant aux attentes de la société
notamment vis à vis de l'environnement. Les effets de ces changements ne font
que porter leurs fruits aujourd’hui (ex : mise aux normes des bâtiments
d’élevage, optimisation de la fertilisation, raisonnement des traitements
phytosanitaires, réglage des pulvérisateurs…).
Cependant, certaines dispositions
proposées dans le SDAGE ne tiennent pas assez compte de ces efforts ni des
effets bénéfiques des dispositifs mis en place progressivement ces
dernières années et réclament une accélération de la mise en œuvre d’un
certain nombre d’actions.
Ainsi, le projet de SDAGE prévoit notamment
:
-
une réduction du recours aux produits
phytosanitaires en agissant sur les pratiques : allonger les rotations,
développer l’agriculture biologique, la protection intégrée des cultures…
-
une diminution de la pression polluante par
les fertilisants (nitrates et phosphore) en élevant le niveau d’application
des bonnes pratiques agricoles : les dates, les doses, les règles de
fractionnement, les objectifs de rendements… seront définis par arrêtés
départementaux et leur respect sera obligatoire pour chaque exploitation,
-
une implantation systématique d’une
culture intermédiaire avant une culture de printemps (excepté dans les cas
d’impossibilité justifiés auprès de l’administration) qui doit être détruite
mécaniquement,
-
une maîtrise du ruissellement et de l’érosion
par l’implantation de bandes enherbées à l’aval de chaque parcelle et dans
les talwegs, la couverture des sols, le maintien des haies et des herbages
existants…,
-
une limitation des risques de contamination
microbiologique des eaux en favorisant l’élevage herbager extensif et les
systèmes "fumier" plutôt que
"lisier", en privilégiant l’enfouissement des lisiers
immédiatement après l’épandage…
Dans les zones sensibles de
type Bassins d’Alimentation de Captage (BAC) d’eau potable, des actions
renforcées sont proposées dans le SDAGE, notamment :
-
prévoir des programmes d’actions à mettre en
œuvre en fonction de la qualité de l’eau du captage. Si le captage
présente des teneurs en nitrates supérieures à 37 mg/l, les actions à
mettre enœuvre dans les BAC pourront aller jusqu’à
l’utilisation de techniques alternatives à l’usage de produits
phytosanitaires, la création de zones sans utilisation d’intrants (engrais,
produits phyto), la couverture générale des sols, la diminution des niveaux
de fertilisation,
-
privilégier des usages des sols qui concilient leur
utilisation agricole et la préservation de la ressource : enherbement,
élevage extensif, agriculture biologique… Si nécessaire, les
collectivités pourront acquérir des terres.
Dans un premier temps, ces actions auront un
caractère volontaire. Cependant, en fonction de la sensibilité du
milieu et dans la mesure où les objectifs ne seraient pas atteints, ces
pratiques pourraient devenir rapidement obligatoires.
Plus d’informations sur le projet de SDAGE :
Agence de l’Eau Seine-Normandie : http://www.eau-seine-normandie.fr
Agence de l’Eau Loire-Bretagne : http://www.eau-loire-bretagne.fr
|