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Le porc en Normandie |

Une production performante
Avec plus de 1,25 million de porcs charcutiers produits par an, la Normandie se situe au 3e rang des régions françaises (5 % de l'effectif porcin national), loin derrière la Bretagne (56 %) ou les Pays de la Loire (11 %). La Basse-Normandie représente à elle seule 80 % de la production de porcs charcutiers normands. Plus de la moitié des porcs charcutiers normands abattus provient de la Manche.
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Avec 163,1 millions d'euros en 2008, la production porcine représente près de 5 % du produit agricole normand (services exclus, hors aides). Par ailleurs, elle arrive en 3e position des produits animaux, derrière le lait (37 %) et les gros bovins (17 %) mais devant la volaille de chair, les veaux de boucherie et les ovins.
La région compte près de 800 élevages dont l'activité principale est le naissage et l'engraissement de porcs. Exigeante sur le plan technique et économique, la production porcine nécessite des éleveurs de plus en plus spécialisés. Cette spécialisation a pour conséquence l’agrandissement des élevages et l’abandon des petites structures. Ainsi, la taille moyenne d'un élevage naisseur engraisseur en Normandie était de 163 truies en 2007 (contre 101 truies en 1994, source UNGP - Enquête données 2007). Les naisseurs engraisseurs réalisent une part importante de la production : ils détiennent 85 % du cheptel truies et produisent 80 % des porcs charcutiers. |
Densité de porcs au km2 de SAU en 2006
Source : SCEES |
Trois types d'élevage :
Les élevages de porcs sont présents sur trois principaux types d’exploitations :
des ateliers complémentaires à un élevage laitier (Manche, Orne),
des ateliers associés à une activité grandes cultures (Perche, Plaine de Caen, Haute-Normandie). Les céréales produites sur l'exploitation sont transformées le plus souvent sur place par une fabrique d'aliments à la ferme,
quelques ateliers spécialisés, où les porcs représentent l’activité principale de l’exploitation (Manche, Seine-Maritime).
Une production organisée
Fin 2008, l’Union Normande des Groupements de Producteurs de porcs (UNGP) comptait 5
groupements adhérents (Agrial, Cap 50 Porcs, Porc Ouest, Syproporcs, Arco) dont 2 ont leur siège social en Normandie. Ces groupements représentent un effectif de plus de 500 élevages normands. Ils ont commercialisé, en 2008, près de 900 000 porcs charcutiers, soit 72 % de la production régionale. La production organisée dans son ensemble couvre 96 % de la
production
normande.
Les groupements de producteurs ont été au cœur du développement de cette production au cours de ces vingt dernières années, en
assurant aux éleveurs deux missions essentielles : la commercialisation des animaux et l'appui technique. L'engagement de ces coopératives auprès de leurs adhérents explique ce taux d'organisation très élevé.
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Fin 2008, la Normandie comptait 4 sites d'abattage de porcs. Il s'agit des AIM à Ste-Cécile (50), de la société SMANCO de Cherbourg (50), des établissements de Saint-Hilaire du Harcouët (50) et de la Socopa au Neubourg (27). Les AIM
couvrent à eux seuls 90 % de l'activité régionale d'abattage (ils sont classés 13e abattoir en volume sur la zone Uniporc Ouest : Bretagne, Normandie, Pays de la Loire, Poitou Charente, Centre, Nord Picardie). C’est le seul abattoir spécialisé en porcs de la région. En 2008, le volume d’abattage régional porcin est d'environ 81 700
tonnes. |
Abattoirs normands en 2008
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Une filière engagée
En 1998, une démarche de traçabilité des élevages est proposée aux éleveurs dans la région. Initialement connue sous le nom de charte PIG "Qualité-Traçabilité", cette démarche a rejoint l'actuelle démarche nationale Viande de Porc Française (VPF). Début 2009, environ 700 sites d'élevage sont référencés VPF en Normandie. C’est l’ARIP normande (Association régionale interprofessionnelle porcine) qui gère la base de données des élevages et le suivi du cahier des
charges.
Parallèlement à cela, l'ARIP gère également une CCP collective. En effet, dès 2001, l'ARIP, en partenariat avec l'UNGP (Union normande des groupements de producteurs de porcs) avait décidé d'aller plus loin dans la démarche de réassurance du consommateur. Une réflexion a donc été menée,
aboutissant à la mise en œuvre, en 2003, d'une CCP (Certification de Conformité Produit) sur la viande fraîche de porc. Cette démarche collective référence aujourd'hui 6 groupements apporteurs, 2 abattoirs et plus de 200 élevages. Un peu plus de 400 000 porcs charcutiers ont été livrés dans ce cadre en 2008 (soit 1/3 de la production régionale).
Le porc : la viande la plus consommée en France
Même si sa consommation est globalement en recul depuis 1998, la viande de porc demeure la viande plus consommée en France avec, en moyenne, 34,2 kg/habitant en 2008 (contre 34,8 kg en 2007), loin devant la viande bovine (25,2 kg/habitant en 2008) ou la volaille (25 kg/habitant en 2008). Depuis le milieu des années 1990, la France est très légèrement excédentaire en viande porcine et son taux d'autoapprovisionnement (production/consommation) avoisine 106 %.
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Source : Office de l'élevage, d'après SCEES
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Évolution de la consommation annuelle moyenne par habitant, en France
Source : Office de l'élevage, d'après SSP |
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Charcuterie salaisons : moins de
5 % de la production
française...
La production industrielle des entreprises de la transformation
(charcuteries-salaisons et conserves) compte une quinzaine d'établissements dans la région. Un site représente une majeure partie de l'activité : il s'agit de l'entreprise Brocéliande à Villers Bocage (14), spécialisée dans le jambon cuit. Les autres établissements du secteur sont de petites unités n'excédant pas la vingtaine de salariés. Leurs spécialités : jambon fumé, jambon cru, andouille de Vire et boudins blancs ou noirs en Basse-Normandie,
saucisses et saucissons secs en Haute-Normandie, dont le "Saucisson du marin", préparé à partir d'un morceau entier, non haché d'échine.
Les principales régions productrices en France sont la Bretagne, les Pays de la Loire, Rhône Alpes. A noter qu'en France, 1/4 de la carcasse d'un porc est valorisé sous forme de viande fraîche (rôti, côtes de porc, filet mignon…), le reste l'est sous forme de produits transformés (jambons, saucisses, pâtés…).
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Une race locale : le porc de Bayeux
Le porc de Bayeux fait partie des cinq races locales porcines
françaises. Originaire du Bessin (Calvados), cette race ancienne est issue d'un croisement, au 19e siècle, entre le porc normand et le Berkshire (porc noir d'origine anglaise). Rustique, le porc de Bayeux se reconnaît à sa robe blanche et ses tâches noires de forme arrondie. Produit dans quelques élevages de la région, il s'adapte bien à la vie en plein air ainsi qu'à une alimentation à base de sous-produits laitiers. La qualité de sa chair est appréciée, aussi bien pour sa viande fraîche qu'en
charcuterie. La ville de Bayeux organise régulièrement un rendez-vous festif et gastronomique autour de ce cochon à tâches noires. Comme pour les autres races locales, ces espèces sont intéressantes au titre de la biodiversité animale et de la conservation du patrimoine
génétique.
Les races utilisées (Duroc, Piétrain, Large White, Land Race…) dans la très large majorité des élevages de porcs sont issues de races locales qui ont ensuite été sélectionnées sur leurs qualités (capacité à faire naître et à allaiter des porcelets, conformation de l’animal…).
Des nouvelles des entreprises en 2008
La fin de l'Union Capig
Née du rapprochement des filières porcs d'Agrial et de la CAM
(coopérative agricole de la Mayenne), l'Union Capig a commercialisé 786 300 cochons dont 593 000 porcs charcutiers pour son premier exercice, en 2007. L'objectif de cette union était de rassembler
l'ensemble des moyens logistiques et la commercialisation des animaux.L'Union Capig aurait dû accueillir le groupement porcin de la
coopérative sarthoise Union Set, conséquence du rapprochement entre Agrial (430 000 porcs charcutiers commercialisés par an) et Union Set (530 000 porcs charcutiers
commercialisés par an). Finalement, la section porcine de la CAM confiera au groupement de porcs Coopagri Bretagne, le 1er janvier 2009,
l'encadrement technique et la commercialisation des 180 000 porcs de ses élevages adhérents. Aussi, d'un commun accord, Agrial et la CAM ont décidé de mettre fin à leur partenariat dans l'Union Capig.
Agriculteur normand, 3 avril, 20 novembre et 25 décembre 2008
Ouest France, 15 novembre 2008
Linéaires n° 242, décembre 2008
L'usine Brocéliande de Villers-Bocage au cœur du développement
d'Unicopa
Le groupe coopératif breton Unicopa investira 13 millions € d'ici 2011 dans son activité charcuterie
salaisons dans le but d'augmenter sa production de 55 à 70 000 tonnes par an. Quatre sites sont concernés dont celui de Villers-Bocage (14), siège social de Brocéliande depuis 2004. Ce site emploie 440 salariés sur 20 000 m2 et est conçu pour répondre aux demandes des rayons libre-service et frais emballé de la grande distribution.
Calvados stratégie, 26 août 2008
Agra alimentation, n° 2031, 4 septembre 2008
Fusion effective pour Cooperl et Arca : naissance de Cooperl Arc Atlantique
(C2A)
Annoncée en septembre 2008, la fusion entre Cooperl et Arca est devenue effective le 1er
janvier 2009. Le groupe Cooperl Arc Atlantique devrait produire environ 6 millions de porcs et conforte sa place de leader sur le plan national, avec 3 700 producteurs.
Ouest France, 7 juin, 29 et 30 août, 2 et 5 septembre 2008, 6 janvier 2009
Les Marchés, 30 août 2008
Agra alimentation, n° 2031, 4 septembre 2008
Fusion annoncée entre Porcs Ouest et l’Armorique pour
2009
Le regroupement de ces 2 structures a été annoncé en juin 2008. Le futur groupement "Porc Armor développement" devrait être offi-cialisé en juin 2009. Il devrait représenter à terme la 4e filière porcine avec 1,7 millions de porcs et 770 éleveurs du Grand Ouest de la France. A l’amont, le partenariat sera renforcé avec Sanders.
Agrisalon.com, 24 juin 2008 et 29 janvier 2009
Porc magazine.com, 2 février 2009
Le fabricant de saucissons Roches Blanches se lance dans l'élevage
Yvon Malandain, PDG des salaisons Roches Blanches (76), va investir 10 millions € dans la production de la matière première : le porc fermier Label Rouge de Normandie. En effet, l'approvisionnement
devenant de plus en plus difficile, faute de production suffisante, Monsieur Maladain va élever sur une
exploitation de 250 ha ses propres porcs afin de sécuriser un
approvisionnement de qualité.
Les Marchés, 20 octobre 2008
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Actualités 2008 et perspectives
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Sources : ARIP : production, abattages ; CRAN : comptes de l'agriculture ; Office de l'Elevage : consommation ; SCEES : SAAUNGP : groupements de producteurs
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Chambre Régionale d’Agriculture de Normandie |
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