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Le mouton en Normandie |

Moins de 3 % du cheptel ovin français
La Normandie se situe au 12e rang des régions françaises pour son effectif ovin total. Elle possède un troupeau de taille modeste (204 550 têtes en 2007, soit 2,4 % du cheptel français). En effet, l'élevage ovin, relancé avec la mise en place des quotas laitiers en 1984, est souvent une activité complémentaire. La filière normande est quasi-exclusivement orientée vers la production de viande. Cependant, quelques exploitations laitières sont équipées d'un atelier de transformation pour la vente directe de
fromages.
En 2007, un peu moins de 7 400 exploitations normandes (soit 20 %) détiennent un troupeau ovin. La Manche est le 2e département français en nombre d'exploitations à détenir un troupeau ovin, mais ce dernier reste de petite taille. Ce département regroupe 40 % des fermes ovines normandes, suivie par la Seine-Maritime (30 %).
De moins en moins de brebis
Sous l'effet de la concurrence internationale (Royaume Uni, Nouvelle Zélande, Irlande…) et d'une baisse de la consommation, les effectifs diminuent. Ainsi, dans la région, entre 1995 et 2007, le cheptel de brebis-mères a perdu plus de 30 % de ses effectifs, alors que la diminution du cheptel français est de 17 % sur la même période.
Au niveau national, les plans de relance n'ont pas permis à la France de réduire sa dépendance vis-à-vis des importations. Depuis plusieurs décennies, son taux d'auto-aprovisionnement (production/consommation) ne cesse de diminuer, il avoisine désormais les 50 %, contre 80 % au début des années 1980.
Évolution du cheptel de brebis-mères
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2007/1995 |
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| Calvados | - 49,4 % |
| Manche | - 36,8 % |
| Orne | - 26,7 % |
| Basse-Normandie | - 38,2 % |
| Eure | - 20,3 % |
| Seine-Maritime | - 17,1 % |
| Haute-Normandie | - 18,7 % |
| Normandie | - 31,2 % |
| France | - 17,3 % |
Source : SCEES
Surtout des troupeaux de petite
taille
La Normandie se caractérise par une troupe ovine moyenne de petite dimension (65 brebis-mères en 2007, contre 155 au niveau national). Depuis 1997, année où l'identification des ovins est devenue obligatoire, on assiste à une restructuration du cheptel. Les petites troupes disparaissent au profit des troupeaux de plus de 200 brebis. En Normandie, ceux-ci représentent, en 2007, 8 % des élevages et 43 % des brebis-mères.
Le troupeau ovin moyen reste de petite taille. Ainsi, 68 % des troupeaux ayant reçu la PBC en 2007 comptent entre 10 et 50 brebis. Mais ils ne détiennent que 24 % du cheptel normand primé. Deux types d'éleveurs se distinguent : ceux pour lesquels le mouton représente l'activité principale de leur exploitation, ils détiennent généralement des troupeaux importants. A côté, on trouve de plus petits élevages (plus nombreux), exploités par des retraités ou des pluri-actifs.
Trois races locales
La Normandie est le berceau de trois races ovines locales aux faibles effectifs : l'Avranchin, le Cotentin (sur les zones intérieures des terres) et le Roussin (sur les zones littorales). Essentiellement localisés dans la Manche, leurs effectifs se maintiennent grâce à leur rusticité (bonne aptitude aux conditions d'élevage en plein air). Mais les élevages ovins de la région sont généralement composés de Suffolks.
Deux systèmes de production
Dans la région, on rencontre deux modes de production :
Une production d'agneaux de bergerie, souvent en complément d'un système céréalier, sur une exploitation où la surface fourragère disponible est limitée. L'agneau y est nourri essentiellement avec des céréales et coproduits issus de l'exploitation. Ce système est fréquent en Haute-Normandie.
Une production d'agneau semi plein air où l'animal consomme presque exclusivement de l'herbe. Cette pratique se retrouve surtout en zone herbagère, dans des systèmes ovins spécialisés (Basse-Normandie) ou en complément d'un atelier bovin (Haute-Normandie).
Prime à la brebis et à la chèvre
Cette aide communautaire (anciennement PCO, mise en place en 1982) est destinée à assurer un niveau de vie équitable aux éleveurs d'ovins et de caprins. Cette prime concerne les femelles de l'espèce ovine ou caprine de plus d'un an et/ou ayant mis bas au moins une fois. Elle est attribuée aux éleveurs de cheptels composés d'au moins 10 brebis ou chèvres, sans critères de chargement. En contrepartie, l'éleveur s'engage à maintenir sur son exploitation, pendant 100 jours à compter de la date de dépôt des demandes, un effectif au moins égal à celui déclaré.
En France, l'entrée en vigueur de la réforme de la PAC, en 2006, a introduit un recouplage partiel (50 %) de la prime à la brebis. Début 2009, dans le cadre des décisions relatives au bilan de santé de la PAC, la France s'est positionnée pour le découplage total de la prime à la brebis en 2010 (8 €/tête). Elle introduit également une aide spécifique au secteur ovin et caprin. Cette aide couplée à la tête (135 millions d'euros au total) s'ajoute aux 25 millions d'euros de revalorisation de DPU réalisée en 2009. Tous les éleveurs qui disposent de surfaces agricoles et qui demandent à bénéficier de la prime à la brebis doivent également fournir une déclaration de surface à la DDAF.
Répartition des élevages bénéficiaires de la PBC* selon leur taille en 2007
| Basse-Normandie | Haute-Normandie | |||||||
| Eleveurs | Cheptel | Eleveurs | Cheptel | |||||
| 10-49 brebis | 956 | 73 % | 21 114 | 29 % | 490 | 61 % | 11 152 | 17 % |
| 50-99 brebis | 180 | 14 % | 11 905 | 17 % | 131 | 16,5 % | 8 787 | 14 % |
| 100-199 brebis | 91 | 7 % | 11 837 | 16 % | 96 | 12 % | 13 344 | 21 % |
| 200 brebis et + | 85 | 6 % | 27 577 | 38 % | 83 | 10,5 % | 30 556 | 48 % |
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Total |
1 312 | 100 % | 72 433 | 100 % | 800 | 100 % | 63 839 | 100 % |
*PBC : prime à la brebis et à la chèvre attribuée aux
troupeaux de plus de 10 brebis
Source : Office de l'élevage
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Les organisations de producteurs
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Les éleveurs de moutons ont la possibilité d'adhérer à des organisations de producteurs. Parmi celles-ci, on peut citer : Ovins 27 (organisation commerciale), ADPA 76, Agneau du Bocage normand, Association des producteurs d'Agneaux de Pré-salé, Syndicat de défense de l'AOC de Pré-salé des Havres du Cotentin et de la baie du Mont Saint Michel (associations de producteurs). Certaines de ces structures se sont regroupées au sein d'associations (Association des Producteurs d'Ovins de Normandie, groupement Agneau Qualité Normandie) afin de gérer des démarches permettant la mise en valeur de la production ovine normande. Une part de la production de viande ovine de la région est commercialisée en filières organisées. Mais d'autres circuits existent, comme la vente directe ou les marchés en vif.. En 2008, 9 abattoirs normands ont réalisé des abattages ovins, ces derniers se concentrent de plus en plus sur quelques sites : Saint Hilaire du Harcouët, Cherbourg (50) et Beuvillers (14) en Basse-Normandie, Forges les Eaux (76) et le Neubourg (27) en Haute-Normandie. De nombreux agneaux normands sont abattus en Bretagne (SVA, 35). |
Abattoirs ovins en Normandie - 2008
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La consommation se stabilise mais
reste faible
Après une forte chute observée en 2001, suite à diverses crises sanitaires, la consommation française de viande ovine semble maintenant se stabiliser, mais reste encore à un niveau inférieur à celui de l'année 2000. Cette consommation semble pénalisée par le prix de vente élevé de la viande ovine, sa moindre praticité de préparation, comparativement à d'autres produits carnés ainsi que par son goût prononcé qui peut déplaire à certains consommateurs .
En 2008, la consommation individuelle, en France, tombe à 3,7 kg/an/habitant (- 200 grammes par rapport à 2007), ce qui est loin des niveaux observés avant la crise de 2001. La baisse du pouvoir d'achat et la chute de production qui a contribué au maintien des prix élevé à la consommation expliquent en partie le phénomène. Le manque important d'agneaux sur le marché français en 2008 a amplifié cette situation. La diminution de la production européenne, notamment depuis la dernière réforme de la PAC et le contingentement de la production ont contribué à la limitation de l'offre.
Évolution de la consommation annuelle moyenne par habitant, en France
En kg équivalent carcasse (ovins/caprins)
| 1999 | 5,0 kg/an/hab |
| 2000 | 5,1 kg/an/hab |
| 2001 | 4,2 kg/an/hab |
| 2002 | 4,4 kg/an/hab |
| 2003 | 4,3 kg/an/hab |
| 2004 | 4,2 kg/an/hab |
| 2005 | 4,2 kg/an/hab |
| 2006 | 4,1 kg/an/hab |
| 2007 | 3,9 kg/an/hab |
| 2008 | 3,7 kg/an/hab |
Source : Office de l'élevage, d'après SCEES
Actualités 2008 et perspectives
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Sources : CIRVIANDE, INTERVIANDE : abattoirs - SCEES : SAA - Office de l'élevage : PBC, consommation
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Chambre Régionale d’Agriculture de Normandie |
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