Le pays du lin
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Le lin en Normandie
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Le lin est cultivé depuis plusieurs siècles à travers le monde. Réintroduit dans la région au XXe siècle par des agriculteurs des Flandres, le lin
normand est surtout cultivé en Seine-Maritime (Pays de Caux), dans l’Eure
(plateaux de St André et du Neubourg, Pays d’Ouche) et en Plaine de Caen. La filière française du lin textile a connu une forte expansion au cours des dernières années. Le phénomène s'observe également en Normandie : entre 1997 et 2007, les surfaces en lin textile cultivées dans la région ont progressé de 90
%.La Normandie représente aujourd’hui 64 % des surfaces françaises cultivées en lin textile (dont 84 % en Haute-Normandie). La région a fourni, en 2007, 2,8 millions de quintaux sur 49 250 ha. La récolte de lin textile de 2007 s'est avérée médiocre. En raison de mauvaises conditions climatiques estivales (pluviométrie abondante), certaines surfaces n'ont pas été récoltées, celles qui ont pu l'être sont d'une qualité de grande hétérogénéité, avec des rendements moyens. Par contre, la récolte 2008 enregistre un rendement record en paille (près de 80 qx/ha) ainsi qu'un très bon rendement en graines. La qualité est également au rendez-vous avec une richesse en fibre élevée. |
Un lin réputé pour sa qualité
Le lin est une plante à fibres annuelle, sa culture demande globalement peu d'intrants. Le semis a lieu entre mi-mars et début avril. Il faut ensuite compter 15 à 20 jours pour la levée. La croissance du lin est rapide (maturité en 100 jours) et sa tige peut atteindre un mètre de hauteur. En juin, sa floraison
(généralement bleue) peut durer jusqu'à 15 jours, mais chaque fleur a une durée de vie de quelques heures. Environ un mois après le début de la floraison, le lin est mûr, la récolte peut avoir lieu. Le lin est arraché mécaniquement (et non fauché) afin de conserver la longueur des tiges et donc des fibres. Il est laissé sur le sol, débute alors l'étape du rouissage. Si les conditions
climatiques sont favorables, ce phénomène naturel permet, grâce à l'action de micro-organismes, de séparer les fibres de l'écorce et du bois. Le rouissage dure de 3 à 7 semaines, il est activé par les actions
conjuguées de la rosée, de la pluie, du vent et du soleil. Après rouissage, le lin est récolté en balles rondes pour être ensuite teillé, peigné, filé et tissé. En raison de la brièveté de son cycle, le lin est une espèce sensible aux conditions de sol et de climat. Il faut attendre 6 à 7 ans entre deux cultures de lin sur la même terre.
La culture du lin dépend fortement du milieu. Cette plante a besoin d’une terre riche, profonde et d’un climat tempéré et humide,
conditions propices qu’elle retrouve en Normandie. Pour produire un lin de très bonne qualité, sa culture demande une parfaite maîtrise technique.
La culture du lin se localise principalement sur une bande de 50 km de large, le long de la côte allant de Caen à Dunkerque et se
poursuivant sur la Belgique et les Pays Bas. La France se situe au 1er rang mondial pour la qualité des fibres. Le lin normand, et surtout celui du Pays de Caux, a acquis une
réputation mondiale du fait de sa grande qualité.
En France, la transformation du lin en filasse est assurée par des coopératives et des teilleurs privés. Pour que le produit puisse être utilisable par l’industrie textile, les filasses doivent être peignées pour ensuite être envoyées vers les
filateurs (principalement localisés en Chine) puis les tisseurs (en Italie et dans les Pays de l'Est). La Chine achète tous les ans 80 à 85 % de la production mondiale de filasses qu'elle réexporte ensuite à travers le monde, sous forme transformée.
Des débouchés très diversifiés
De l’habillement (pour le confort) au linge de maison (pour
l'entretien) en passant par les sacs postaux, la ficelle (pour la résistance) ou les tuyaux à incendie (pour la solidité, la souplesse et l'étanchéité), les débouchés du lin sont très nombreux et diversifiés. Avec 60 % des débouchés,
les fibres longues de lin servent avant tout pour l’habillement, suivi par le linge de maison (15 %). Viennent ensuite la décoration, les
revêtements muraux ou d'ameublement (15 %) et les tissus techniques, plus spécialisés (10 %).
Les étoupes (fibres courtes) partent pour la papeterie ou en débouchés techniques.
Les anas (résidus de paille) sont utilisés pour la fabrication de panneaux agglomérés ou de portes coupe feu (bon pouvoir
isolant), mais aussi valorisés en litière pour volailles et chevaux (fort degré d'absorption) ou comme paillage écologique. D'autres débouchés sont apparus comme les
matériaux composites dans le secteur automobile ou les utilisations à des fins énergétiques (chauffage à la biomasse et cogénération).
Les graines issues de la création variétale sont utilisées en
semences. Les graines de lin, outre la semence, sont transformées en huile ou solvant qui constituent une base pour la savonnerie, les
peintures ou les vernis. Les tourteaux issus du pressage des graines sont utilisés comme aliment pour
animaux (forte teneur en Oméga 3).
Le saviez-vous ?
Avec 100 kg de paille de lin, on obtient : 50 kg d'anas, 16 à 20 kg de lin teillé, 10 à 12 kg d'étoupes et 5 à 10 kg de graines, le reste se compose d'impuretés.
Avec 1 ha de lin, on produit au total :
Filière textile : 800 chemises, 1 500 chemisiers, 500 jupes, 100 draps,
100 nappes, 100 rideaux.
Filière non tissé : 1 000 panneaux de portières automobiles.
Anas : 300
m2 de paillage écologique.
Filière graine : 200 kg de tourteaux et paillettes (aliment du bétail) et
100 litres d'huiles de lin (peinture).
Lin oléagineux, lin textile : ne pas confondre !
La culture du lin oléagineux est différente du lin textile. Les variétés sont spécifiques pour chacun (recherche d’un maximum de graines pour le lin oléagineux et d'un maximum de fibres pour le lin textile). Le lin textile est cultivé dans les régions à étés doux et humides (notamment pour le rouissage au champ) alors que le lin oléagineux peut être cultivé partout. Les débouchés pour l'huile du lin oléagineux sont d'abord industriels : peintures, savons, détergents, lubrifiants spéciaux, revêtements de sol…Les résidus de la trituration, les tourteaux, sont utilisés en alimentation animale. En raison, de son profil lipidique particulier, le lin est reconnu pour ses effets bénéfiques. Il contient des acides gras polyinsaturés (Oméga 3) et son intégration dans l’alimentation animale présente un intérêt nutritionnel pour l’homme (prévention des problèmes cardiovasculaires). Les produits issus des animaux (viande, lait, œuf) nourris avec des graines de lin bénéficieraient à l’homme qui les consomme. Aussi, en 2000, l’association Bleu Blanc Cœur a été créée dans le but de promouvoir l’utilisation de la graine de lin dans l’alimentation animale. Cette association regroupe 300 adhérents répartis en 8 collèges, associant tous les maillons de la filière (production végétale, nutrition animale, production animale, producteurs fermiers, transformateurs, distributeurs, associations de consommateurs, international). Plus de 400 produits différents estampillés sous la marque transversale Bleu Blanc Cœur sont proposés aux consommateurs (produits laitiers, viandes de porc, de bœuf, de veau, d'agneau, de lapin, volailles, charcuterie, œufs, pain, farine de lin).
Le chiffre d'affaires des produits de la gamme Bleu Blanc Cœur atteint 187 millions € en 2007, soit une augmentation de 30 % par rapport à 2006. En 2008, les surfaces françaises de lin oléagineux sont tombées à 10 000 ha, contre près de 20 000 ha pour la récolte 2007. Pour la récolte 2009, les surfaces ensemencées devrait remonter à 15 000 ha.
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Des nouvelles des entreprises en
2008
Techni Lin devient Eco Technilin
Créée en 1995 par la Coopérative linière de Cagny (Calvados) et la Centrale linière cauchoise (Seine Maritime), la société Techni Lin (Valliquerville, 76) est spécialisée dans les matériaux composites à base de fibre naturelles (lin) et de fibres thermoplastiques pour l'industrie automobile. Dans un contexte économique difficile,
l'entreprise a été placée en redressement judiciaire en juillet 2008. Depuis, elle a été rachetée par le groupe anglais Driftwell. L'ancienne équipe dirigeante a été reconduite. Afin de pallier la baisse des
commandes dans l'industrie l'automobile, l'entreprise va accélérer sa diversification dans de nouvelles productions : paillage horticole 100 % biodégradable, tables,
chaises... De nouveaux investissements vont être réalisés : construction d'une ligne de fabrication pour
utiliser les coproduits du lin (anas, paille de lin) et construction d'une ligne de fabrication de matériaux composites (produits isolants pour le bâtiment).
L'Usine nouvelle.com, 16 décembre 2008 et 23 février 2009
L'agriculteur normand, 5 mars 2009
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Actualités 2008 et perspectives
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Sources : SCEES : SAA, Association Bleu Blanc Cœur, Association Lin demain
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Chambre Régionale d’Agriculture de Normandie |
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