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  Le cheval en Normandie

Le pays du cheval !

Pur-sang, trotteurs, chevaux de sport et de loisirs, de trait, poneys et ânes sont très présents dans le paysage normand. En 2007, près de la moitié des chevaux de courses français (pur sang et trotteurs) a été immatriculée en Normandie. La région regroupe le tiers des immatriculations nationales de chevaux de sang.La Normandie possède, sur son territoire, deux Haras Nationaux : le Haras du Pin, "Versailles du cheval", dans l'Orne, et celui de Saint-Lô, dans la Manche. Les Haras nationaux apportent des services aux éleveurs (reproduction, conseils techniques…), organisent des manifestations et accueillent le public sur leurs sites.De plus, les ventes de yearlings à Deauville ont installé la région normande aux premières places mondiales du marché des pur-sang et trotteurs.Depuis 2005, la Basse-Normandie a été labellisée "Pôle national de compétitivité pour la filière équine".

Une spécialité : le cheval de course

Depuis 2000, on immatricule, chaque année en Normandie, entre 7 100 et 7 700 chevaux de course. En 2007, les chevaux de course (pur sang et trotteurs français) représentent les 2/3 des immatriculations normandes de chevaux de sang alors que la moyenne française n'atteint pas les 50 %.De nombreux champions sont nés et ont évolué sur les terres normandes. Parmi eux, on peut citer : Général du Pommeau, Baloubet de Rouet, Sagamix, Jag de Bellouet, Cocktail Jet, Offshore Dream…

En France, entre 2006 et 2007, les immatriculations de chevaux de sang progressent légèrement (+ 5 %) : l'augmentation des immatriculations concerne les chevaux de course (+ 2 %) et les chevaux de selle (+ 6 %).Sur la même période, la Normandie voit le nombre total de chevaux de sang immatriculés progresser légèrement (+ 5 %). Les immatriculations des chevaux de course augmentent (+ 2 %) alors que celles des chevaux de selle stagnent.

Répartition par race des naissances de chevaux de sang et poneys en 2007

Des spécificités locales

Dans les départements normands, plusieurs structures d'enseignement, agricole ou non, forment aux divers métiers de la filière équine, du CAP agricole, au Mastère "Sciences et management de la filière équine" (de niveau bac + 6), en passant par la licence professionnelle "Management et gestion des entreprises de la filières cheval" dispensée par l'IUT d'Alençon (61), en partenariat avec le lycée agricole de Sées et le Haras du Pin.

Une exploitation agricole sur 5 possède des chevaux

La dernière Enquête Structure réalisée par le Ministère de l'Agriculture en 2007 a comptabilisé, en Normandie, 6 790 exploitations agricoles ayant des équidés : chevaux de sang, chevaux lourds, poneys ou ânes. En Basse-Normandie, 20 % des exploitations possèdent au moins un équidé ; ce taux atteint 16 % en Haute-Normandie (11 % pour la France métropolitaine).

La Basse-Normandie est de loin la 1re région française pour l'effectif équin avec une peu plus de 77 000 équidés (effectif dans les exploitations et hors exploitations agricoles), soit 12 % de l'effectif national équin. La Haute-Normandie, avec 19 830 équidés, ne regroupe que 3 % de l'effectif national.

Le cheptel équin normand total en 2007

Basse-Normandie Haute-Normandie
Chevaux de selle, sport, loisirs et course 66 350 17 700
Chevaux lourds 3 730 650
Anes, mulets, bardots 7 000 1 480
Total équidés 77 080 19 830

Source : SCEES

Quelques races locales

La Normandie est le berceau de plusieurs races locales de chevaux lourds (le cob normand et le percheron maintenant utilisés pour la détente et les loisirs), d'ânes (l'âne normand et l'âne du Cotentin, reconnaissable à sa croix de Saint-André).
Depuis 2000, en Normandie, on immatricule en moyenne, un peu moins de 700 naissances de poulains lourds par an (les immatriculations de chevaux lourds en Normandie ne représentent que 4 % du total des immatriculations françaises pour l'ensemble des races de chevaux lourds mais 60 % de celles de Cobs et 20 % de celles de Percherons).
Ces animaux sont destinés, pour l'essentiel, aux loisirs (attelage et randonnées), à l'exportation (débardage en Allemagne, courses au Japon...) ou encore à la boucherie.

Après avoir régressé pendant plusieurs années, les naissances de chevaux lourds en Normandie semblent se stabiliser (626 immatriculations en 2007 contre 653 en 2006). Les cobs normands représentent près de la moitié de ces immatriculations (276 en 2007). Les percherons arrivent en seconde position, avec 238 immatriculations.

Les ventes aux enchères de yearlings à Deauville

Lors des ventes de yearlings (poulains de 18 mois maximum) à Deauville, en août 2008, 360 des 515 poulains présentés (dont 251 originaires de l'Orne) ont été vendus pour un prix moyen de 111 017 € (contre 100 000 € en 2007). En 2008, le Top Price (enchère maximale) s'est élevé à 770 000 € pour un poulain présenté par un haras du Calvados.

Actualités 2008 et perspectives

  • L'annonce par la Fédération équestre internationale de la candidature retenue pour l'organisation des Jeux équestres mondiaux de 2014 est intervenue le 31 mars 2009 : c'est la Basse-Normandie, avec l'ensemble des acteurs de la filière et les collectivités locales, qui a remporté l'organisation des JEM 2014. Cette candidature validée par la Fédération française d'équitation était soutenue par l'état français. Organisés tous les quatre ans, en alternance avec les Jeux olympiques, les Jeux équestres mondiaux rassemblent 8 disciplines sur deux semaines de compétition. Le dépôt de dossier de la candidature officielle de la région à l'organisation des JEM 2014 avait eu lieu en novembre 2008. La 7e édition des JEM se déroulera du lundi 18 au dimanche 31 août 2014. Sept des huit disciplines équestres sont prévues à Caen. Pour l'épreuve d'endurance, les cavaliers relieront le Haras du Pin au Mont Saint Michel. Plus d'informations sur : www.normandie2014.com 
     

  • Depuis le 1er janvier 2003, tous les équidés français (chevaux, poneys, ânes, mulets, bardots…) doivent être identifiés et enregistrés au SIRE. Le principal objectif de cette réglementation est d'assurer la traçabilité vétérinaire du cheptel équin et de lutter contre les vols et trafics. Avec l'arrivée du transpondeur (puce électronique), l'identification marque une nouvelle étape. Depuis le 1er janvier 2008, tous les équidés présents sur le territoire français doivent être munis d'une puce électronique (avant sevrage ou au plus tard le 31 décembre de l'année de naissance de l'animal). Implantée dans l'encolure, ce dispositif complète le processus d'immatriculation SIRE qui reste obligatoire. En juin 2008, la Commission européenne adoptait un règlement imposant l'implantation d'une puce électronique à tous les équidés, liée à un passeport individuel et à un numéro d'identification unique atteint à vie et stocké dans une base de données nationale.
     

  • La 1re phase des travaux relatifs à l'extension et à l'aménagement du centre de promotion de l'élevage des chevaux de sport de Saint-Lô a débuté. Il est notamment prévu la construction de boxes, de deux carrières extérieures, l'aménagement d'un parking, le déménagement du club hippique de Saint Lô et sa reconstruction. Un syndicat mixte regroupant les collectivités territoriales (région Basse-Normandie, département de la Manche, ville et la communauté de communes de Saint-Lô) prend en charge une partie des investissements évalués à 10 millions €. Fin 2009, le CPE devrait s'étendre sur 18 ha contre 8 actuellement. 
     

  • Afin de répondre à un besoin de cadres supérieurs dans la filière équine, l'Etablissement national d'enseignement supérieur agronomique de Dijon (ENESAD) et les Universités de Normandie et du Kentucky ont mis en place une formation professionnelle qualifiante de haut niveau dédiée au monde du cheval. Le Mastère Sciences et management de la filière équine (de niveau bac + 6) a été labellisé par le Pôle de compétitivité et accrédité par la Conférence des grandes écoles. La première promotion a fait sa rentrée en septembre 2008 à l’ENESAD.
     

  • Le contrat cadre du "Pôle de compétitivité Filière équine" a été signé en avril 2006. La labellisation "Pôle de compétitivité" permet de mobiliser des moyens afin d'accroître la compétitivité et dynamiser l'emploi dans cette filière. Entreprises, organismes de recherche et centres de formation sont engagés dans ce projet en vue de conforter la recherche, d'innover dans les domaines de la santé animale et des soins qui en découlent, et de proposer de nouvelles formations dans le secteur équin. Mi-2008, le Pôle de compétitivité Filière équine a été désigné, suite à évaluation, comme faisant partie des 39 pôles français (sur 71) qui ont atteint leurs objectifs en matière de recherche, développement et d'innovation. Jusqu'alors classé en catégorie nationale par l'Etat, le Pôle de compétitivité vient d'accéder à la catégorie mondiale.
     

  • Les Chambres d'agriculture de Basse-Normandie, en partenariat avec l'Institut de l'Elevage et le Conseil des Chevaux de Basse-Normandie, poursuivent leur partenariat dans le cadre d'un dispositif d'acquisition de références en structures équines. L'élaboration de références technico-économiques permet de donner des repères objectifs afin d'accompagner les installations et les projets des éleveurs de cette filière. Les élevages sélectionnés bénéficient d'un rendu individuel et de comparaison avec les autres élevages de la région. Pour le moment, seule la filière sport/loisir est concernée. Après sa mise en place et un suivi annuel complet en 2008, ce "Réseau Equin" est maintenant entré dans sa phase de production. Vous pouvez retrouver ses premières publications sur le site : www.normandie.chambagri.fr/etudes/acetudes.htm#equin.
     

  • La Fédération normande du Selle français a élaboré une charte de bonnes pratiques en élevage équin. 45 critères ont été définis (identification, conduite d'élevage, suivi sanitaire, alimentation, gestion du pâturage, environnement…) afin de promouvoir les pratiques des éleveurs et apporter des gages de qualité à leurs clients.
     

  • Lancement d’un réseau européen des régions du cheval. En octobre 2008, la région Basse-Normandie a réuni plusieurs régions d’Europe concernées par le développement économique de leur filière équine afin de créer un réseau européen des régions du cheval : la Basse-Saxe en Allemagne ; le Guadalquivir (Andalousie-Espagne) ; les régions de Stockholm et Göteborg (Suède) ; les régions du Kent et du Suffolk (Grande-Bretagne) qui ont déjà des contacts avec la Basse-Normandie. Quelques autres régions d’Irlande, d’Italie et de France rejoindront ce groupe dans les mois à venir. Appuyé par le Pôle de compétitivité Filière équine, ce nouveau réseau souhaite rappeler à Bruxelles l’importance de cette filière économique.
     

  • En septembre 2008, les Haras nationaux, le Pôle de compétitivité Filière équine et Normandie Incubation organisaient le premier concours de projets innovants pour la filière équine : Equidéfi. Son but : détecter, attirer et sélectionner des projets innovants pour la filière avec la volonté d’accueillir et d’accompagner de nouvelles entreprises du cheval en Basse-Normandie. Une condition est requise : l'entreprise ou le projet de Recherche et Développement devra s'installer en Basse-Normandie ou s'associer à un partenaire de la région. Les deux lauréats sélectionnés par un comité de pilotage ont été récompensés lors du Salon International de l’Agriculture 2009 à Paris. Il s'agit de :
    . BIOPIC qui a reçu le prix de la Création d’entreprise innovante. Cette entreprise propose un suivi en temps réel de divers paramètres en matière de santé équine. Une puce RFID est intégrée dans l’organisme du cheval et transmets les informations (température, rythmes cardiaque et respiratoire…) à l’éleveur ou au vétérinaire, sous le forme d’un message simple.
    . Le second prix (Projet R&D d’entreprise) a été décerné à l’entreprise de maréchalerie MVGA qui développe un process innovant d’usinage numérique de fer à cheval, permettant de créer et de tester de nouvelles formes de fers répondants à des besoins spécifiques (pathologies, disciplines…). 
     

  • Le Pays d'Argentan Pays d'Auge ornais (PAPAO) a été labellisé "Pôle d'excellence rurale" dans la catégorie Promotion des richesses naturelles, culturelles et touristiques pour le dossier : excellence de la filière équine (projet porté par le PAPAO). Parmi les réalisations, figure un annuaire des professionnels de la filière équine sur le territoire : éleveurs, établissements équestres, maréchaux-ferrants, fournisseurs, hippodromes… ainsi qu'un guide de randonnée à cheval dans le PAPAO. Des subventions destinées à moderniser les outils de travail sont également proposées. Eleveurs, entraîneurs, centres équestres situés dans le périmètre géographique du pôle peuvent bénéficier d'aides aux investissements pour la création de boxes, de pistes, manèges, marcheurs, clôtures…
     

  • La commission européenne considère que le monopole du PMU (Paris Mutuel Urbain) français est incompatible avec le droit communautaire. Le PMU pourrait ne plus être le seul opérateur sur le marché. L'ensemble de la filière française s'inquiète de ce dispositif. Sur le principe de la mutualisation, une partie des gains est redistribuée pour soutenir les disciplines de la filière. Un projet de loi gouvernemental sera soumis au vote du Parlement pour l'été 2009. L'ouverture à la concurrence des paris hippiques pourrait intervenir dès de 1er janvier 2010.

Sources : SCEES : SAA, enquête structure -  Service des Haras Nationaux -  SIRE : immatriculations -  Conseils des Chevaux : la filière équine en Normandie

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Chambre Régionale d’Agriculture de Normandie
Sophie CHAUVIN
6, rue des Roquemonts - 14053 CAEN Cedex 4 
Tél : 02 31 47 22 47

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