Une grande diversité de paysages



D'une superficie d'un peu plus de 30 000 km2, la Normandie dispose d'une importante diversité de territoires. Les paysages côtiers vont du Tréport au Mont-Saint-Michel, en empruntant le pont de Normandie.
Cette fenêtre maritime couvre près de 600 km. On peut y découvrir la Côte d'Albâtre et les célèbres falaises d'Etretat, puis la Côte Fleurie avec le port d'Honfleur, les plages de Deauville et de Cabourg, la Côte de Nacre et les plages du Débarquement ou encore la presqu'île du Cotentin avec le Nez de Jobourg et la Baie du Mont-Saint-Michel.
Dans les terres, alternent des régions bocagères plus ou moins vallonnées, essentiellement consacrées à l'élevage, des régions de plaine ou plateaux, orientées vers les grandes cultures et des forêts de chênes, de hêtres ou de pins sylvestres.

Une agriculture aux multiples facettes



La Normandie doit la diversité de son agriculture à la qualité de ses différents terroirs. L'agriculture régionale s'appuie sur des richesses naturelles que sont ses territoires et son climat. De plus, la région a su développer ses productions traditionnelles telles que le lait, la viande bovine ou les céréales tout en préservant son environnement. Elle a également su se diversifier et propose de nouvelles activités telles que l'agritourisme.
En Normandie, 72 % de la surface régionale ont une vocation agricole. En Basse-Normandie, terre de prédilection pour l'élevage bovin, les surfaces en herbe sont prédominantes. La Haute-Normandie est davantage orientée vers les grandes cultures, notamment dans le département de l'Eure.

Une agriculture soucieuse et respectueuse de l'environnement



Les pratiques agricoles évoluent et la recherche d'une meilleure valeur ajoutée et de meilleures conditions de travail s'accompagne d'une prise en compte des attentes de la société en matière d'environnement. Outre les fonctions de production, les agriculteurs, acteurs du monde rural, assurent de nombreuses autres activités : ils participent à la préservation de l'environnement, contribuent à la valorisation et à l'entretien des paysages ainsi qu'à l'aménagement de l'espace rural.
En matière d’environnement, les agriculteurs interviennent en cohérence avec les programmes de mise aux normes, de réduction de pollution des eaux, d'épandage des déjections animales, de traitements phytosanitaires...

Lancement de la certification environnementale des exploitations



Prévue par la Loi Grenelle 1, la démarche de certification environnementale des exploitations a été précisée par un décret et deux arrêtés publiés le 21 juin 2011 au journal officiel. Les textes prévoient un dispositif progressif pour l’exploitation basé sur trois niveaux :
  • le 1er niveau correspond au respect des bonnes conditions agricoles et environnementales et à une évaluation de l’exploitation au regard des niveaux 2 ou 3 ;
  • le 2e niveau, valant "certification environnementale", prévoit le respect d’exigences sans fixer de seuils chiffrés de performance (obligation de moyens) ;
  • le 3e niveau, permettant l’utilisation de la mention "Exploitation de Haute Valeur Environnementale ", fixe des seuils de performance chiffrés à atteindre.

Le Grenelle de l’environnement se décline en Normandie



La déclinaison régionale des plans et schémas prévus dans le cadre du Grenelle de l'environnement est lancée en Normandie : travaux sur les Schémas régionaux de cohérence écologique (SRCE) dans le cadre de la Trame verte et bleue, lancement de la Stratégie de création des aires protégées (SCAP) et du Schéma régional climat air énergie (SRCAE), réflexions sur le Plan régional pour l'agriculture durable (PRAD)… Ces plans et schémas devraient être finalisés pour 2012/2013.

Des actions sur la biodiversité en agriculture



Haies, jachères, bandes enherbées, mares, prairies, champs cultivés… la biodiversité est partout et fait partie intégrante du quotidien des agriculteurs. Par la sélection des races et des espèces, l’entretien des paysages ou la préservation des milieux humides, les agriculteurs contribuent depuis des décennies au maintien de la biodiversité en Normandie. Ils sont naturellement acteurs de la biodiversité au sein de leur territoire, sans identifier systématiquement que leurs pratiques et leurs actions y contribuent.
Les Chambres d’agriculture de Normandie conduisent elles aussi depuis plusieurs années des actions qui contribuent au maintien de la biodiversité dans notre région : elles font la promotion de la haie et encouragent les actions d’entretien et de replantation, accompagnent des agriculteurs en site Natura 2000… Les Chambres d’agriculture de Normandie se sont engagées dans une action visant à "développer des projets de valorisation de la biodiversité et des paysages" dont l’un des objectifs est de sensibiliser les agriculteurs normands à la biodiversité. A cet effet, une plaquette "Agriculteurs, acteurs de la biodiversité" a été réalisée et présente notamment des témoignages d’agriculteurs qui contribuent au maintien de la biodiversité dans leur territoire.
Un des autres objectifs de cette action est de mobiliser un comité de concertation sur la biodiversité en agriculture pour échanger sur la notion de biodiversité, identifier les attentes des différents acteurs, être force de proposition d’actions et projets (sensibilisation, information…). Ce comité est ouvert à différents partenaires régionaux : Régions, DREAL de Haute et Basse-Normandie, Fédérations de Chasse, association ou agence pour l’environnement (CREPAN et AREHN), PNR Marais du Bessin et du Cotentin, Conservatoire Fédératif des Espaces Naturels... Différents élus de la Commission régionale environnement de la Chambre régionale d'agriculture y sont conviés. Cinq réunions ont eu lieu entre décembre 2009 et juin 2011, les principaux travaux conduits ont été principalement centrés autour de l’échange sur une définition commune et partagée de la biodiversité, les intérêts de la biodiversité pour l’agriculture, la sensibilisation et les portes d’entrées auprès des agriculteurs, les travaux engagés par les Chambres de Normandie : diagnostic biodiversité, document de communication.

Agrifaune : déjà 4 conventions signées en Normandie



"Conjuguer les efforts au profit d’une agriculture favorisant les habitats et la faune sauvage", tel est l’objectif de la convention nationale de partenariat signée en 2006 entre l'Assemblée permanente des Chambres d'agriculture (APCA), la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), la Fédération nationale des chasseurs (FNC) et l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). La déclinaison départementale de cette convention existe déjà dans quatre départements normands : en Seine-Maritime depuis 2007 et dans le Calvados, la Manche et l’Eure depuis 2010.
Les objectifs communs de ces conventions sont de développer des actions à l'échelle locale ainsi qu'un réseau national d'exploitations agricoles, nommé "Agrifaune", facilitant les échanges d'expériences, permettant d'expérimenter de nouvelles pratiques et de faire des opérations de démonstration.

Suivi des pratiques agricoles et de la qualité de l’eau sur un bassin versant test : le Saultbesnon (50)



Une étude réalisée par la Chambre régionale d’agriculture de Normandie, avec le soutien financier de l’Agence de l’eau Seine-Normandie et de la Région Basse-Normandie est en cours depuis 2006 sur un bassin versant du sud Manche : le Saultbesnon.
L’objectif de cette étude est de suivre l’évolution des pratiques agricoles sur la zone et d’analyser le lien avec la qualité de l’eau du ruisseau. Une des attentes était notamment d’avoir un retour sur l’efficacité environnementale de la mise aux normes des bâtiments d’élevage. Le suivi montre une nette amélioration de la qualité de l’eau depuis 2001 (avant la mise aux normes). A cette époque, 94 % des mesures étaient "mauvaises" (plus de 2 000 UFC/100 mL) vis-à-vis de la présence de la bactérie Eschérichia Coli. Actuellement cette fréquence de dépassement n’est plus que de 10 %.

Déclinaison régionale du plan Ecophyto 2018




La mise en place du plan Ecophyto se poursuit au niveau régional avec pour objectif une réduction de 50 % des usages de produits phytosanitaires dans un délai de 10 ans si possible.

Trois réalisations importantes sont à noter :
 
  • le réseau de surveillance biologique du territoire, qui regroupe près de 70 partenaires normands, édite 240 Bulletins de Santé végétal par an pour 10 filières de cultures ;
  • les formations CERTIPHYTO : depuis l'automne 2009, les Chambres d'agriculture de Normandie étaient habilitées dans le cadre d'un dispositif expérimental, à délivrer des formations permettant d'obtenir le CERTIPHYTO, certificat valable 10 ans. Ces formations gratuites étaient proposées en partenariat avec les MSA. De décembre 2009 à juin 2011, 320 formations ont été organisées et 4 185 agriculteurs formés ;
  • dans le cadre de la constitution d'un réseau national de 3 000 fermes de références engagées dans la réduction des intrants, 8 réseaux de fermes ont été retenus en Normandie. Les Chambres d'agriculture de Normandie en animent 3 : un réseau de 9 exploitations est piloté par la Chambre d’agriculture du Calvados, un réseau de 13 exploitations est suivi par la Chambre d’agriculture de l’Eure et un réseau de 11 fermes est animé par la Chambre d’agriculture de la Manche.

L’épandage agricole : filière privilégiée de valorisation des boues de station d’épuration



Plus de 31 300 tonnes de matières sèches de boues ont été épandues par les agriculteurs en 2009 en Normandie. La réglementation impose des contrôles stricts de la qualité des boues épandues, afin d’éviter tout risque de pollution des sols ou des cultures. Cette valorisation des boues en agriculture se substitue à des filières plus coûteuses telles que l’incinération, le stockage provisoire ou encore le compostage. Cette filière est particulièrement bien développée dans la Manche, l’Orne et l’Eure avec plus de 90 % des boues produites épandues mais aussi dans le Calvados (83 %). Seule la Seine-Maritime ne valorise pas la majorité de ses boues de cette manière (35 % de la production sont épandus).

Exemples d’actions des agriculteurs normands pour l’environnement

  • Le contrôle des pulvérisateurs : depuis le 1er janvier 2009, le contrôle des pulvérisateurs à rampe de plus de 3 mètres et des pulvérisateurs pour arbres et arbustes est obligatoire tous les 5 ans. Ces contrôles réalisés par des organismes d’inspection permettent d’assurer le bon état et le bon fonctionnement du matériel. Au total, au 25 février 2011, le GIP Pulvé a enregistré 1 482 contrôles en Normandie.
     
  • Essais sur les Cultures Intermédiaires Pièges A Nitrates : les 5 Chambres départementales d’agriculture de Normandie ont mis en place des essais sur les cultures CIPAN afin de déterminer les itinéraires techniques les plus favorables à l’implantation de ces couverts. La couverture des sols sera en effet obligatoire à l’horizon 2012 en zones vulnérables.
     
  • Les Mesures Agro- Environnementales de lutte contre l’érosion en Seine-Maritime : en Haute-Normandie sur les bassins versants les plus sensibles à l’érosion et au ruissellement, les agriculteurs ont la possibilité de contractualiser ces mesures. En 2010, 79 dossiers MAE ont été engagés sur une surface de 1 027 ha en Seine- Maritime.
     
  • La préservation du maillage bocager dans la Manche et l’Orne : en partenariat avec les Conseils généraux, les Chambres d’agriculture de l’Orne et de la Manche interviennent pour promouvoir des actions de plantations de haies bocagères. De 2008 à 2011, 59 km de haies ont été plantés dans l’Orne (Pays du Bocage et Pays d’Ouche). Dans la Manche, plus de 100 000 plants ont été implantés au cours des hivers 2009-2010 et 2010-2011.
     
  • Portes ouvertes dans des fermes de références DEPHY dans l’Eure : la Chambre d’agriculture de l’Eure a organisé des portes ouvertes FERMEcophyto les 15 et 21 juin 2011 dans des fermes du réseau. Les 70 personnes présentes ont pu découvrir les évolutions engagées par les agriculteurs et visiter quelques parcelles.
     
  • Cultivons autrement, à la découverte de pratiques innovantes pour mieux s’adapter demain dans le Calvados : la Chambre d’agriculture du Calvados a organisé le 7 juin 2011 une porte ouverte orientée sur la mise en oeuvre de pratiques culturales plus économes. De nombreux ateliers ont été présentés aux 250 visiteurs, notamment sur les intérêts multiples de la luzerne, le désherbage mixte du maïs ou encore le sursemis pour renouveler des prairies ou les mélanges céréales / protéagineux.


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Les engagements agro-environnementaux des agriculteurs


Des mesures financées par l’Etat, l’Europe et les partenaires régionaux peuvent être contractualisées par les agricultures souhaitant adopter des pratiques plus respectueuses de l’environnement. En 2010, en Basse-Normandie, 34 agriculteurs ont adopté la mesure "Système Fourrager Econome en Intrants" sur 2 278 ha. Cette mesure encourage la réduction des engrais et des traitements phytosanitaires sur l’ensemble des cultures. Sur les territoires "Natura 2000", en 2010, 199 agriculteurs se sont engagés dans des actions favorisant la préservation de la biodiversité, contre 133 en 2009. Enfin, sur les territoires à enjeux "qualité de l’eau", 76 agriculteurs ont souscrit des mesures, à hauteur de 2 282 ha, principalement sur les aires d’alimentation de captages contre 34 en 2009. Enfin, 116 agriculteurs ont réalisé des investissements dans le cadre du Plan Végétal Environnement (PVE) en 2010, contre 67 en 2009.








Sources :
Chambres d’agriculture de Normandie 

Cheval, les chiffres clés  Edition 2011 24/11/2011

Bocage, haies et bois, les chiffres clés - édition 2011  Le premier linéaire de haie de France se trouve dans la Manche. Les haies représentent 20 % du bois sur pied en Basse Normandie.  



Chambre régionale d’agriculture de Normandie

Sophie CHAUVIN
6, rue des Roquemonts - 14053 CAEN Cedex 4 
Tél : 02 31 47 22 47