La production légumière normande est localisée sur quelques bassins, essentiellement sur le littoral de la Manche (Val de Saire, région de Créances/côte Ouest Cotentin, Baie du Mont-Saint-Michel), dans le Calvados, autour des grandes agglomérations (ceinture verte des villes) ainsi que sur une zone allant de la grande périphérie de l'agglomération caennaise à la Côte de Nacre. Dans l'Orne, la production maraîchère reste très peu développée (moins d'une centaine d'hectares) et se limite essentiellement au maraîchage périurbain dédié à l'approvisionnement des marchés locaux. La Manche, 1er département légumier normand, se situe au 10e rang des départements français pour sa surface légumière. En Haute-Normandie, le maraîchage, localisé dans la vallée de la Seine, est essentiellement périurbain. Les bonnes conditions climatiques et pédologiques, notamment sur les côtes, constituent un atout important pour la Normandie. En Normandie, 1 050 exploitations agricoles, dont les 3/4 en Basse-Normandie, disposent d'une surface en légumes frais. L'une des principales caractéristiques de la production légumière normande (et principalement bas-normande) est son degré élevé d'organisation (faible nombre d'OP regroupant une majorité de producteurs…). Les OP rassemblent l'offre et peuvent assurer, dans le prolongement de leur activité, la commercialisation des produits, à côté des entreprises d'expédition. A côté de ces circuits longs, qui assurent l'essentiel de l'écoulement de la production, cohabite un circuit plus traditionnel de commercialisation en direct par des producteurs indépendants, auprès de grossistes et marchés de gros, de la grande distribution ou en vente directe à la ferme ou sur les marchés locaux. Dans la filière biologique, la vente de légumes bio par système de paniers pré-payés se développe autour des agglomérations. Malgré leur faible poids dans le produit agricole régional, les légumes jouent un rôle notable dans les évolutions conjoncturelles de l’économie agricole normande, du fait des brutales variations de prix qui les affectent. En effet, la production légumière est un secteur où le marché constitue, par le mécanisme des prix, le principal régulateur des échanges et la filière reste exposée à des crises cycliques plus ou moins importantes, liées à des difficultés d'écoulement de la production..
En 2010, en Normandie, 8 460 ha
(dont 72 % dans la Manche et
82 % en Basse-Normandie) sont
consacrés à la culture de légumes
frais (hors pommes de terre), ce
qui représente 4 % de la surface
légumière française. La Normandie
se situe loin derrière les principales
régions de production que sont la
Bretagne (21 % de la surface nationale
légumière), l'Aquitaine (17 %) et
le Nord-Pas-de-Calais (12 %).
Production 2010 de légumes dans les départements normands
Source : Agreste
Production en quintaux
Rang du département en quantité produite
Production du dpt / France
Carotte (50)
585 834
3e
11 %
Poireau (50)
311 910
1er
18 %
Chou fleur (50)
177 728
4e
5 %
Autre chou (50)
141 018
1er
15 %
Laitue (50)
109 551
6e
4 %
Navet potager (50)
106 014
1er
16 %
Oignons de couleur (14)
70 560
9e
2 %
Betterave potagère (76)
43 680
2e
4 %
Chicorée scarole (50)
25 864
6e
6 %
Salsifis (76)
25 020
3e
10 %
Céleri rave (50)
21 525
3e
4 %
Céleris branche (50)
11 000
5e
5 %
Persil (50)
10 317
5e
4 %
Chicorée frisée (50)
9 699
8e
2 %
Chou brocoli à jet (50)
8 493
6e
3 %
Une spécialisation autour de quelques produits phares
La surface en légumes frais occupe
0,6 % de la SAU normande. Malgré
ces modestes surfaces, la Normandie
occupe une bonne place sur
quelques productions. Parmi la vingtaine
d'espèces légumières cultivées
dans la région, carottes, poireaux,
choux-fleurs, laitues, navets potagers
constituent, en terme de volumes,
les piliers du maraîchage normand.
La Manche est leader en terme de
production pour le poireau avec 18 %
du volume national, le navet potager
avec 16 % et les autres choux avec
15 %.
Ces productions traditionnelles
confèrent un caractère hivernal marqué
à la filière légumière, même si,
en parallèle, la production de salades
en plein champ (et plus récemment
de jeunes pousses et de mâche) se
développe, du printemps à l'automne.
Côté chiffre d'affaires, poireaux, puis
salades et carottes, se partagent les
trois premières places.
Depuis 1995, la Manche n'est plus le
1er département français producteur
de carottes, la Gironde et les Landes
l'ont supplantée. La région Aquitaine
est ainsi devenue la première région
productrice de carottes (36 % de la
production nationale en 2010). Du fait
de cette concurrence, les surfaces
manchoises ont diminué passant de
4 500 ha en 1990, à 1 600 ha en
2010. Cependant, la carotte demeure
toujours la principale production légumière
de Normandie, avec 58 583
tonnes produites en 2010, soit 11 %
de la production nationale.
Une production de qualité
Depuis le milieu des années 1990, les producteurs de la Manche (principal
bassin légumier de Normandie) se sont engagés dans des mesures agrienvironnementales
(rotation des cultures en intercalant des espèces non
légumières sur 30 % des surfaces, diminution de 20 % des apports azotés et
phosphatés, reconstitution du paysage bocager avec la plantation de haies…)
ensuite déclinées en CTE puis CAD.
Les maraîchers de Basse-Normandie, précurseurs des démarches de certification
sur des pratiques respectueuses de l'environnement, restent fortement
impliqués dans ces initiatives environnementales (mise en place de zones de
régulation écologique au sein de chaque parcelle…).
Dans le domaine de l'expérimentation légumière, la profession dispose d'une
station expérimentale, le SILEBAN, implantée dans le Val de Saire (50). Cet
outil de développement agricole permet de mettre en oeuvre des programmes
de recherche et d'expérimentation sur les productions légumières et horticoles
locales.
Parallèlement à la mise en oeuvre de ces nouvelles pratiques de production,
plusieurs produits de la filière sont commercialisés sous une marque collective
ou ont obtenu un signe officiel de qualité mais ces derniers restent limités à un
marché de niche.
Quelques unités industrielles de transformation
A côté des cultures traditionnelles maraîchères, de nouveaux débouchés sont
apparus avec l'implantation d'unités industrielles de transformation. L'usine
Soléco/Florette de Lessay (site historique du groupe coopératif Agrial) est le
principal outil industriel de la région. Il est spécialisé dans la transformation
et la commercialisation de légumes frais prêts à l'emploi (essentiellement des
salades 4e gamme, sous marque propre ou sous marque de distributeur). Ce
débouché connaît un accroissement régulier depuis sa création. Les surfaces
en salade de la Manche (35 références, parmi lesquelles : frisée, laitue, scarole,
iceberg, batavia) sont principalement destinées à ce débouché avec des
achats contractualisés. Parmi les autres unités de transformation implantées
dans la région, on peut citer : Créaline, propriété d'Agrial (Lessay, 50), spécialisée
dans la préparation de purées 5e gamme et de soupes chaudes et froides
prêtes à l'emploi ; Lunor (Seine-Maritime), spécialisée dans la préparation de
légumes prêts à l'emploi.
Actualités 2010-2011
Depuis décembre 2010, les
fruits et légumes peuvent être
payés en Titres restaurant. L'achat
est sans restriction : pour tous types
de fruits et légumes immédiatement
consommables ou non.
La contractualisation se met en
place dans le secteur des fruits et
légumes (décret 2010-1754 du 30
décembre 2010). Ce texte prévu
par la loi de modernisation agricole
rend obligatoire la proposition de
contrat écrit par les premiers acheteurs
aux producteurs, à compter
du 1er mars 2011. Ces contrats
doivent notamment comporter des
engagements sur les volumes de
produits agricoles et sur les modalités
précises de détermination du
prix au long du contrat, dans le but
de limiter la volatilité des prix. Ils
doivent être établis pour une durée
minimale de trois ans.
Des nouvelles des entreprises en 2010-2011
50 - La nouvelle usine Créaline inaugurée à Lessay Rachetée en 2009 par Florette (filiale d'Agrial), Créaline a investi 5 M€ dans une nouvelle usine de 4 500 m2, permettant la production quotidienne de 10 000 l de soupes et 15 t de purée et faisant passer sa capacité de production de 2 000 à 5 000 t par an d'ici 5 ans. Créaline est la première entreprise et marque française de purées et de soupes fraîches et entend poursuivre son développement au travers d'une gamme élargie de soupes et de purées, avec de nouveaux conditionnements et des prix revus à la baisse. Ses dernières innovations : une gamme (dont 2 références bio) de purées en bol individuel micro-ondable de 200 g avec couvercle refermable, 14 références conditionnées en barquettes 2 x 200 g, 3 recettes en format familial de 800 g. A noter également, le lancement pour les fêtes de fin d'année 2010 de 3 références festives (purée de patates douces aux épices, purée de topinambours à la truffe noire et purée de marrons) et l'arrivée cet été de la gaspacho box, une boîte réunissant 440 ml de soupe espagnole et 8 verrines à remplir. Créaline, qui affichait un chiffre d'affaires de près de 11 M€ en 2009, prévoit de le porter à 15 M€ en 2015. Usine nouvelle.com, 9 septembre, 14 octobre 2010 ; La presse de la Manche,10 septembre 2010 ; Ouest France, 11 septembre, 10 octobre 2010 ; Agra alimentation, n° 2121, 16 septembre 2010 ; Les Marchés hebdo, n° 67, 23 septembre 2010 ; Journal d'information des adhérents d'Agrial, n° 42, octobre 2010 ; RIA, n° 716, octobre 2010 - n° 723, mai 2011 ; Agriculteur normand, 14 octobre 2010 ; Linéaires, n° 262, octobre 2010 - HS n° 265, janvier 2011 ; France agricole, 29 octobre 2010 ; Normandie magazine, octobre 2010 ; LSA, n° 2159, 18 novembre 2010 - n° 2170, 24 février 2011 - n° 2179, 29 avril 2011 ; Coop de France Ouest, n° 307, décembre 2010 ; Journal d'information des CCI de la Manche, janvier 2011 ;
50 - Florette élargit sa gamme… … avec entre autres une gamme de fruits frais prêts à l'emploi en format individuel et en plateau familial spécial fondue au chocolat (avec sa sauce chocolat) ; un nouveau duo de jeunes pousses de mâche et
roquette ; 3 références de salades
mélangées dont un mélange de
jeunes pousses bio ; 5 nouvelles
références dans la gamme "Mes
légumes vapeur" et une référence
signée "Mes légumes à poêler"… Linéaires, n° 261, septembre,
n° 263, novembre 2010,
HS, n° 265, janvier 2011, n° 267,
mars, n° 268, avril, n° 269, mai 2011 ;
LSA, HS, octobre 2010 ;
RIA, n° 721, mars, n° 724, juin 2011 ;
Les Marchés Hebdo, n° 102, 9 juin 2011
14 - Les Champignonnières de
Fleury ferment Placées en liquidation judiciaire
en décembre 2010, les
Champignonnières de Fleury-sur-
Orne ont dû fermer leurs portes faute
de repreneur. Plus de 20 salariés se
retrouvent licenciés. Tendance Ouest News,
16 décembre 2010, 20 janvier 2011 ;
Ouest France, 13 janvier 2010
50 - Une gamme élargie et des
investissements chez Priméale… … avec des carottes bio, commercialisées
sous marque Prim'Bio ou
sous MDD et une barquette regroupant
trois variétés de carottes aux
couleurs différentes (orange, violette
et jaune), produites dans le bassin
de Créances (50). Priméale entend
par ailleurs développer son offre de
jeunes pousses au rayon 1re gamme.
L'opérateur a en effet pris le contrôle
de la société Vert Frais, acteur incontournable
sur ce marché. Priméale a
également prévu le lancement d'une
offre de légumes anciens pour fin
2011. La marque de légumes frais
du groupe coopératif Agrial a en
outre réalisé de nombreux investissements
: nouvelle station de traitement
des eaux de rejet de la station
de conditionnement de Créances,
modernisation des outils des stations
de Réville et Tocqueville, avec
notamment un système de refroidissement
rapide à Réville permettant
de descendre rapidement, par
le vide, la température des jeunes
pousses ou autres légumes à 3°C. Linéaires, HS, n° 265, janvier 2011 - n° 268, avril 2011 - n° 271, juillet-août 2011 ;
Journal d'informations des adhérents
d'Agrial, n° 43, janvier 2011 ;
Agriculteur normand, 12 mai 2011 ;
Ouest France, 13 juin 2011 ;
Les Marchés Hebdo, n° 103, 16 juin 2011 ;
RIA, n° 725, juillet 2011
76 - Lunor rajeunit l'image de ses
légumes Alors que le marché de la 5e gamme
a tendance à s'essouffler en GMS,
Lunor lance, pour le réveiller, une
gamme de produits prêts à consommer
moderne et pratique, qui se
positionne sur le segment des aides
culinaires. "100 %" est une gamme
de légumes bruts (pomme de terre,
betterave, maïs, carotte), simplement
cuits à la vapeur, sans assaisonnement,
conditionnés dans de petits
bols micro-ondables transparents de
120 à 150 g. Ces légumes peuvent
ainsi se consommer froids pour agrémenter
une salade ou réchauffés, en
accompagnement d'une viande ou
d'un poisson. Une nouvelle technologie
permet de plus de garantir une
DLUO de 2 mois, en gardant toutes
les qualités organoleptiques et tout
le croquant du légume. L'objectif
de Lunor avec sa gamme "100 %" :
toucher une nouvelle clientèle, plus
jeune, attirée par le côté pratique du
produit. En 2010, Lunor a réalisé un
chiffre d'affaires de 60 M€ dont 15 %
à l'export. Les Marchés Hebdo, n° 103, 16 juin 2011 ;
Agra alimentation, n° 2159, 16 juin 2011 ;
LSA, n° 2188, 23 juin 2011 ;
Linéaires, n° 271, juillet-août 2011 ;
RIA, n° 725, juillet 2011
La filière en Basse-Normandie
La production légumière bas-normande se localise essentiellement sur le
littoral de la Manche (Val de Saire, région de Créances/côte Ouest Cotentin,
Baie du Mont-Saint-Michel) et dans le Calvados, sur une zone allant de la
grande périphérie de l'agglomération caennaise à la Côte de Nacre. La
Manche, 1er département légumier bas-normand, se situe au 10e rang des
départements français pour sa surface légumière, avec des productions
phares comme les carottes, poireaux, choux, navets et laitues.
Démarches qualité
Label Rouge Carottes des sables, Poireaux des sables de Créances
(+ IGP).
Légumes biologiques (140 maraîchers bio en Normandie, sur une surface légumière de près de 500 ha).
Certification de conformité produit carottes, poireaux.
Marques collectives Légumes Jardins fraîcheur, Jardins de Normandie.