D'après la dernière Enquête Structure
du Ministère de l'agriculture (2007),
12 710 exploitations normandes possèdent
un troupeau de vaches laitières
(soit plus d'une exploitation sur
trois). En Normandie, l'activité laitière
est avant tout l'affaire des "exploitations
professionnelles" : 60 % des
exploitations agricoles professionnelles
normandes possèdent un
troupeau de vaches laitières et elles
concentrent, à elles seules, 99 % de
l'effectif régional laitier.
La Normandie compte près de
583 000 vaches laitières (dont 77 %
en Basse-Normandie), soit 16 % du
troupeau laitier français. La Manche
est d'ailleurs le 1er département français
par la taille de son troupeau
de vaches laitières, devant l'Ille et
Vilaine. Le troupeau normand moyen
s'élève à une cinquantaine de vaches
laitières. Autrefois majoritaire, la race
normande est maintenant devancée
par la Prim'holstein dans le troupeau
laitier normand.
En 2010, le lait bovin représente
33 % du produit agricole régional
(services exclus, hors aides), soit
presque 1,2 milliard d'euros pour la
Normandie.
Cheptel de vaches laitières
Source : Agreste
2010
(en têtes)
Part du cheptel
/ France
Rang département
/ France
Calvados
105 445
3 %
9e
Manche
237 929
6 %
1er
Orne
105 489
3 %
8e
Basse-Normandie
448 863
12 %
-
Eure
34 931
1 %
36e
Seine-Maritime
99 017
3 %
10e
Haute-Normandie
133 948
4 %
-
NORMANDIE
582 811
16 %
-
Une forte spécialisation
65 % des livreurs normands de lait à l'industrie (77 % en Basse-Normandie) sont dans des exploitations spécialisées en production laitière. Cette spécialisation se retrouve également en aval de la filière, où les établissements de transformation fabriquent généralement une ou deux familles de produits laitiers.
Une restructuration rapide
En Normandie, 10 940 exploitations livrent du lait à l'industrie, dont 76 % en Basse-Normandie. Entre 1984 et 2009, la région a perdu près de 36 500 points de collecte, soit une restructuration de 77 %. Sur la même période, en Normandie, les livraisons sont passées de 78 140 litres de lait en moyenne par exploitation, à presque 300 000 litres par exploitation et par an. Entre 1984 et 2010, le cheptel normand de vaches laitières a diminué de 470 000 têtes (- 45 %).
15 % des livraisons nationales de lait...
… sur 7 % du territoire agricole français : la Normandie est un bassin de production dense. Les livraisons de lait s'élèvent à un peu plus de 3,2 milliards de litres de lait par an, dont les 3/4 pour la Basse-Normandie. La Basse-Normandie est globalement "importatrice" de lait, c'est-à-dire que les collecteurs bas-normands s'approvisionnent dans les départements limitrophes. C'est l'inverse en Haute-Normandie, cette région produit plus de lait qu'elle n'en transforme, une partie du lait est donc collectée par des établissements situés à l'extérieur de la région. C'est ainsi que l'on note d'importants mouvements de lait ou de produits laitiers intermédiaires entre les sites de collecte et de fabrication.
Une forte identité laitière
Outre la race bovine normande et ses verts pâturages, la Normandie est également célèbre, en France et à travers le monde, pour la qualité et la diversité de ses produits laitiers. Parmi les produits phares, on peut citer les 6 AOC/AOP laitières normandes : le Camembert de Normandie, le Pont l'Evêque, le Livarot, le Neufchâtel, le beurre et la crème d'Isigny.
Des produits renommés
La renommée des produits laitiers normands est attestée par l'importance de la mention "fabriqué en Normandie" pour le Camembert et par l'existence de zones d'Appellation d'Origine Contrôlée (AOC) pour le Camembert de Normandie, le Pont-l'Evêque, le Livarot, le Neufchâtel, le Beurre et la Crème d'Isigny. Les quatre fromages normands bénéfi-ciant d'une appellation représentent 6 % du volume des fromages français au lait de vache sous AOC.
Le contexte est plutôt morose pour les productions laitières normandes sous AOC. En effet, entre 2009 et 2010, toutes sont à la baisse : - 3 % pour le Camembert de Normandie et le Pont L'évêque ; - 5 % pour le Neufchâtel et - 8 % pour le Liva-rot. Le Beurre d'Isigny (+ 8 % de production entre 2009 et 2010) et la crème d'Isigny (+ 3 %) semblent mieux résister.
4 types d'entreprises
Des entreprises de dimension
nationale ou internationale avec
des établissements spécialisés par
produit : Lactalis, Compagnie des
Fromages - Richemonts, Danone,
Bel…
Des entreprises ou coopératives
laitières multiproduits de dimension
régionale : Coopérative laitière d'Isigny,
Maîtres Laitiers du Cotentin,
Fléchard…
Des entreprises de dimension
régionale spécialisées sur un ou
deux produits, notamment dans
des produits sous AOC : Graindorge,
Réaux...
Des groupements de producteurs de lait ou coopératives spécialisés dans la collecte
Productions laitières normandes sous AOC
Source : INAO
Unité : tonnes
Moyenne 1998-2000
Moyenne 2008-2010
1998-2000/ 2008-2010
Camembert de Normandie
13 058
4 354
- 67 %
Pont-l'Evêque
3 554
2 652
- 25 %
Livarot
1 094
1 121
+ 2 %
Neufchâtel
936
1 481
+ 58 %
Beurre d'Isigny
4 717
4 461
- 5 %
Crème d'Isigny
3 990
4 005
0 %
Des fromages surtout
La Normandie est bien placée sur certains marchés en croissance comme la famille des yaourts et laits fermentés (2e région productrice, derrière Rhône Alpes) ou avec la crème (1re région productrice). C'est la 1re région française productrice de fromages au lait de vache (le quart de la production nationale), la 1re région pour les fromages frais (43 % de la production nationale) et les fromages à pâte molle (un tiers de la production nationale). La Normandie occupe aussi une part importante sur des créneaux moins porteurs comme le beurre (1re région productrice avec près du tiers de la production nationale) ou la poudre de lactosérum (16 % de la production nationale). La région produit très peu de lait UHT ou de pâte pressée cuite, de type emmental.
La Basse-Normandie est plus orientée vers la production de beurre (1re région productrice), de crème (1re région productrice), de fromages au lait de vache (1re région productrice), de fromages de vache à pâte molle (1re région productrice), de Camembert (1re région productrice) et de fromages frais de vache (1re région productrice).
La Haute-Normandie fabrique essentiellement des yaourts/laits fermentés (3e région productrice), des fromages frais (3e région productrice).
Les principales productions de l'industrie laitière
Source : SCEES – Enquête anuelle laitière
Unité : tonne
Basse-Normandie
haute-Normandie
Bretagne
Pays de la Loire
France
2009
%
2009
%
2009
%
2009
%
2009
Laits fermentés (yaourts et autres)
38 945
2 %
203 604
13 %
94 945
6 %
199 407
12 %
1 619 305
Crème
101 900
30 %
-
0 %
59 707
18 %
84 237
25 %
335 571
Beurre
107 214
31 %
-
0 %
81 061
24 %
45 402
13 %
340 866
Fromage de vache
335 700
20 %
87 613
5 %
191 317
11 %
280 001
17 %
1 692 369
Dont fromage frais
185 612
29 %
84 417
13 %
25 902
4 %
72 928
12 %
629 284
Dont pâtes molles
135 568
31 %
1 525
0 %
-
-
40 811
9 %
432 061
Poudre de lactosérum
96 274
16 %
-
-
93 170
15 %
104 170
17 %
618 356
Consommation annuelle des produits laitiers en France
Source : CNIEL – France Agri Mer
(kg/an/habitant)
2000
2007
2007/2000
Lait liquide conditionné
76,8 kg
66,6 kg
- 13,3 %
Crème
5,0 kg
6,0 kg
+ 20,0 %
Beurre
8,7 kg
7,9 kg
- 9,2 %
Fromages (tous laits)
24,9 kg
23,9 kg
- 4,0 %
Une gestion des quotas laitiers par bassin depuis le 1er avril 2011
En France, les transferts de
quotas sont liés au foncier. Dans
quelques cas, les échanges de quotas
laitiers entre éleveurs passent par
l’intermédiaire d’un mécanisme de
réserve collective, qui était jusqu’à
présent géré au niveau départemental
(CDOA). La gestion est désormais
déléguée à 9 bassins laitiers
(voir carte), avec la suppression de
l’échelon départemental. L’objectif
est d’accroître la mobilité des quotas
pour préparer leur suppression fin
mars 2015.
Création des conférences de
bassin. Elles sont présidées par un
Préfet coordonnateur (celui de la
plus importante région laitière), elles
se réunissent au moins 3 fois par an
et sont composées de 28 membres :
14 professionnels qui ont droit de
vote (6 producteurs, 3 représentants
des coopératives, 3 industriels,
1 représentant des consommateurs,
un représentant du commerce/
distribution et au plus, 14 personnes
publiques qui ne participent pas au
vote (les Préfets de régions, des collectivités
territoriales, des services
déconcentrés des départements, un
ou des présidents des Chambres
d’agriculture ou leurs représentants).
Rôle des conférences de bassin : instance de concertation entre partenaires de la filière lait et les pouvoirs publics sur les questions laitières, son rôle dépasse la seule gestion des quotas. - Peut être consultée sur les politiques d’accompagnement de l’amont et l’aval de la filière (aides à l’investissement), et participe à la connaissance du marché, à la cohérence des actions de recherche et développement et à la construction d’une stratégie d’évolution de l’offre au niveau du bassin. - Définit les catégories de producteurs prioritaires et arrête les attributions de quotas. - Met en oeuvre les aides à la cessation (ACAL) et les rachats de quotas sans terre (TSST). - Définit le taux d’allocations provisoires autorisé (avec un plafond national).
Quelques chiffres sur le bassin
normand : la Normandie est le
2e bassin laitier derrière le Grand
Ouest. Il représente 15 % de la
collecte nationale avec 14 % des
producteurs.
14 - La Compagnie des fromages
investit à Vire
Le groupe envisage d’investir plus de
8 M€ pour son unité de Vire afin de
renforcer ses capacités de production.
Ce projet se traduirait également par
l'embauche de près de 20 salariés en
CDI. Le groupe transforme quelques
820 millions de litres de lait par an
et produit 125 000 tonnes de fromages
pour un chiffre d'affaires de
600 M€. Côté nouveaux produits, le
groupe Compagnie des Fromages et
Richemonts ont lancé un camembert
Coeur de Lion à taux de sel réduit. Le
Rustique, autre marque du groupe,
sort en parallèle une pointe de brie et
un munster.
Linéaires, n° 261, septembre 2010 ;
RLF, n° 707, décembre 2010 ;
Calvados stratégie, 1er mars 2011 ;
Ouest France, 7 mars 2011
14 - Isigny Sainte-Mère contractualise avec l'Asie Japon : la coopérative laitière Isigny Sainte-Mère a signé un accord avec les dirigeants des laiteries Takanashi situées dans la banlieue de Tokyo, portant sur la livraison de beurre de tourage pour la fabrication de croissants et d'un fromage blanc adapté, destiné à remplacer le mascarpone dans certains desserts. Chine : la coopérative a également signé un important contrat, conclu pour 3 ans, avec le chinois Shanghai Chenguan Dairy, portant sur la livraison de 3 000 t par an de lait infantile en poudre. Pour répondre à une demande croissante, la coopérative d'Isigny Sainte-Mère a d'ailleurs décidé d'investir dans une 4e tour de séchage, portant ainsi ses capacités de production de poudre de lait infantile de 20 à 25 000 t par an. La coopérative affichait un chiffre d'affaires 2010 de 200 M€. Ouest France, 18 octobre 2010, 23 avril et 3 mai 2011 ; Calvados stratégie, 27 avril 2011 ; Agriculteur normand, 28 avril 2011 ; Les Marchés hebdo, n° 98, 12 mai, n° 101, 3 juin 2011 ; Usine nouvelle.com, 20 mai 2011 ; L'Eleveur laitier, n° 191, mai 2011 ; RIA, n° 724, juin 2011 ; Réussir lait, n° 248, juin 2011 ; Agra alimentation, n° 2162, 7 juillet 2011
14 - Danone met le turbo sur le
lait bio
Filiale bio de Danone, Stonylield souhaite
convertir à la bio plusieurs de
ses producteurs conventionnels qui
livrent l'usine du Molay-Littry (14) pour
développer la fabrication de la gamme
bio "Les deux vaches". Le programme
Reine Mathilde, financé par le fonds
Ecosystème de Danone ambitionne
de faire de la Basse-Normandie une
région pilote en terme de développement
de la filière laitière bio en France.
La création d'une ferme vitrine en bio
avec mise en place d'essais et de
démonstrations, l'accompagnement à
la conversion des producteurs de lait,
quelle que soit leur laiterie, la sensibilisation
de l'enseignement agricole
et des vétérinaires à la bio… autant
de sujets qui sont développés dans
le cadre de ce programme, piloté
en région par l'Institut de l'élevage,
en partenariat notamment avec les
groupements bio et les Chambres
d'agriculture de Normandie.
L'éleveur laitier, n° 184, octobre 2011 ;
La France agricole, 3 décembre 2010 ;
Ouest France, 23 février 2011 ;
Les Marchés hebdo, 3 mars 2011 ;
Agra Presse, n° 2147, 17 mars 2011 ;
L'agriculteur normand, 19 mai 2011 ;
Les Marchés, 21 juin 2011
14 - Isigny Sainte-Mère étoffe sa
gamme avec :
- des petits camemberts (150 g) : aux
olives, aux truffes, aux baies roses,
aux tomates et aux herbes,
- des crèmes fraîches : aux baies
roses, aux tomates et aux herbes,
- des coffrets de minis beurres aux
cèpes, à la truffe et aux morilles.
RIA, n° 716, octobre 2010 ;
Linéaires, n° 263, novembre 2010,
n° 265, janvier, n° 268, avril 2011 ;
Ouest France, 24 décembre 2010 ;
RLF, n° 707, déc. 2010, n° 711, mai 2011 ;
Process, n° 1281, mai 2011
14 – L’usine Cibem reprise
L’usine Cibem, filiale du groupe SEEC
(Société européenne d'emballage et
de conditionnement), basée à Saint-
Pierre-sur-Dives (14), est spécialisée
dans la fabrication de boîtes fromagères
agrafées en bois. Le repreneur
prévoit un plan d'investissement de
5 M€ sur 3 ans pour redynamiser le
site de Saint-Pierre-sur-Dives.
Usine nouvelle.com, 1er et 3 déc. 2010 ;
First Eco, 24 janvier 2011
50 - Les Maîtres Laitiers du
Cotentin prêts pour l'après-quota
Les MLC bouclent un important programme
d'investissements pluriannuel
de 120 M€, lancé il y a 5 ans.
L'objectif est de doubler les capacités
de production, la faisant passer de
100 000 à 200 000 t. Les investissements
ont principalement porté sur
l'outil de Sottevast dédié aux produits
frais. Les MLC en chiffres :
plus de 1 200 sociétaires coopérateurs,
281 M de litres de lait collectés,
1,3 M€ de chiffre d'affaires, 3 670
salariés et 90 sociétés de négoce
sous contrôle dans France-Frais. Ouest France, 22 sept. 2010 ;
Agra alimentation, n° 2123, 30 sept. 2010 ;
Les Marchés Hebdo, n° 68, 30 sept. 2010 ;
Réussir lait, n° 240, octobre 2010 ;
L'éleveur laitier, n° 184, octobre 2010
50 - Mont Blanc-Materne racheté par LBO France Mis en vente au cours de l'été 2010 par Activia Capital, le spécialiste des desserts Mont Blanc-Materne (MOM) a été racheté par le fonds LBO France pour 190 M€. L'objectif du repreneur est de développer les ventes à l'international. Le site normand de MOM se situe à Chef du Pont (50) et est spécialisé dans la fabrication des crèmes dessert Mont Blanc. La marque a d'ailleurs enrichi sa gamme avec 2 crèmes dessert bio (chocolat et vanille), une édition limitée au chocolat blanc du Mont Blanc classique et une gourde "Mon 4h" au chocolatnoisette. Usine nouvelle.com, 4, 8 octobre 2010 ; Agra alimentation, n° 2125, 14 oct. 2010 ; Les Marchés, 21 décembre 2010 ; Linéaires, n° 269, mai 2011
50 - Agrial prend une participation
dans Délicelait...
Agrial prépare la fin des quotas laitiers
qui, selon les estimations du groupe,
entraînerait une hausse de la production
laitière d'environ 20 % entre
2015 et 2020. La coopérative cherche
donc dès maintenant des débouchés
industriels pour ces volumes. Avec
cette prise de participation minoritaire
dans Délicelait, Agrial met ainsi
un pied dans la transformation laitière.
Délicelait, située à Moyon dans
la Manche, commercialise ses produits
laitiers auprès des industriels,
des restaurateurs et des pâtissiers.
L'entreprise réalise un chiffre d'affaires
de 40 M€ et emploie 24 salariés.
Il est prévu que le groupe Agrial
livre à Délicelait 70 M de litres de lait,
avec un objectif de 120 M lors de la
suppression des quotas en 2015.
Les Marchés, 25 février 2011 ;
Agra alimentation, n° 2145, 3 mars 2011 ;
France agricole, 18 mars 2011 ;
L'éleveur laitier, n° 189, mars 2011 ;
RIA, n° 722, avril 2011 ;
Usine nouvelle.com, 27 mai 2011 ;
Ouest France, 20 juin 2011
…et fusionne avec Elle & Vire
La nouvelle union rassemblera plus
de 2 800 producteurs pour près de
930 M de litres de lait collectés en
Basse-Normandie, Bretagne et Pays
de la Loire. Le capital social d'Elle
& Vire (plus de 8 M€) vient s'ajouter
dans son intégralité à celui d'Agrial.
Usine nouvelle.com, 27 mai 2011 ;
Les Marchés Hebdo, n° 101, 3 juin,
n° 106, 7 juillet 2011 ;
Ouest France, 1er juillet 2011 ;
Agriculteur normand, 7 juillet 2011 ;
France agricole, n° 3393, 8 juillet 2011
50 - Elle & Vire élargit sa gamme
La marque de Bongrain a lancé une
gamme de crèmes épaisses UHT en
sachets souples ; un beurre baratté
en Normandie, en barquette de 250 g,
doux ou au sel de Guérande ; une
gamme de fromage à la crème pour
tartine et cuisine (nature, poivre et
ciboulette).
Linéaires, n° 268, avril, n° 270, juin, n° 271,
juillet-août 2011 ;
LSA, n° 2184, 26 mai 2011 ;
Les Marchés hebdo, n° 102, 9 juin 2011
61 - La fromagerie Gillot investit
et innove
Gillot (groupe Fléchard) a décidé
d'investir 500 000 € dans la réhabilitation
de l'ancienne beurrerie, afin d'y
installer une ligne complète d'embouteillage
de lait pour la grande distribution.
L'objectif est de mettre sur le
marché local un lait haut de gamme,
proche du lait cru. Par ailleurs, la fromagerie
ornaise s'est lancée dans la
production de camemberts bio au lait
cru. 160 personnes travaillent pour
Gillot, qui affiche un chiffre d'affaires
de 30 M€.
First Eco, 8 décembre 2010
27 - Des nouveautés chez
Boursin…
… avec un Boursin aux éclats de
noix et amandes en édition limitée ;
un Boursin aux herbes méditerranéennes
; un nouveau parfum pour
Boursin salade : tomate-basilic ;
2 références de 20 roulés de jambon
fumé au fromage frais pour l'apéritif :
ail et fines herbes et poivre.
Linéaires, n° 261, septembre 2010,
n° 268, avril, n° 269, mai 2011
27 - La fromagerie Di Benedetto
ferme
Spécialisée dans la fabrication de
mozzarella et de spécialités italiennes,
la fromagerie Di Benedetto a
fermé ses portes en novembre 2010,
licenciant une quarantaine de salariés.
Une trentaine de producteurs qui
livraient près de 8 M de litres de lait à
la fromagerie ont été intégrés dans la
collecte d'Agrial, ce qui ne solutionne
pas la situation des 20 autres producteurs
qui livraient par l'intermédiaire
de la coopérative Calid.
France agricole, n° 3362, 3 déc. 2010 ;
Les Marchés hebdo, n° 78, 9 déc. 2010
76 - Danone Pays de Bray investit pour l'environnement Première usine alimentaire en France certifiée ISO 14 001, Danone Pays de Bray est, pour le groupe Danone, le site pilote sur l'environnement. Danone y a injecté 8,5 M€ afin de réduire la facture énergé-tique de 20 % : chaudières au fioul remplacées par des équipements au gaz à haut rendement, installation d'eau glacée automatisée, installation d'osmoseurs permettant de récupérer jusqu'à 150 000 m3 d'eau pour les systèmes de nettoyage… La consommation d'eau a ainsi été divisée par 2 et l'usine émet moins de 3 800 t de CO2 par an pour 200 000 tonnes des produits finis (contre 8 000 t pour 180 000 t de produits avant les travaux). Usine nouvelle.com, 19 mars 2010 ; RIA, n° 710, mars 2010
76 - Senoble investit sur son site
de Gruchet-le-Valasse
5 M€ seront consacrés à l'installation
d'une chaîne de production de
fromage blanc. La mise en service
est prévue fin 2011 faisant passer la
production de 30 000 à 40 000 tonnes
annuelles. Elle devrait s'accompagner
de la création d'une dizaine d'emplois.
Actuellement, 350 producteurs de lait
approvisionnent l'usine, qui emploie
125 salariés.
Usine nouvelle.com, 26 avril 2011
76 - Pas de délocalisation pour Novandie Alors que la direction de Novandie de Maromme, filiale du groupe Andros, spécialisée dans la fabrication de yaourts brassés nature et aux fruits, prévoyait la délocalisation d'une chaîne de production dans le Pas-de Calais, le site de Maromme ne sera pas amputé une deuxième fois (une première chaîne de production avait été transférée en Espagne quelques temps auparavant). Cependant, une réorganisation industrielle en fonction des charges et pour préserver l'emploi est à envisager. Le site normand travaille à 80 % sous marque distributeur et 20 % pour sa marque Mamie Nova. Usine nouvelle.com, 6 mai, 9 juin 2011 ; Les Marchés hebdo, n° 98, 12 mai 2011
Actualités 2010-2011
Bilan de campagne laitière
La "laiterie France" a achevé la campagne laitière 2010-2011 avec une production de 23,1 millions de tonnes, en hausse de 4,4 % par rapport à la campagne précédente. La collecte a été dynamique tout au long de la campagne, la France enregistre néanmoins une nouvelle sous-réalisation estimée à 1,1 million de tonnes, en tenant compte de l’augmentation de 2 % de la référence nationale pour 2010-2011.
Organisation de la filière
Mise en œuvre de la politique agricole commune pour la filière laitière : la date officielle de la fin des quotas laitiers reste le 31 mars 2015, avec une augmentation des références laitières de cinq fois 1 % de 2009 à 2013 (avec possibilité pour les Etats membres de gel temporaire, lié à la conjoncture). En France, la gestion des quotas laitiers est organisée par bassin depuis le 1er avril 2011 (voir encadré). L’objectif est d’accroître la mobilité des quotas pour préparer leur suppression au 1er avril 2015.
La contractualisation se met en place dans le secteur laitier (décret 2010-1754 du 30 décembre 2010). Ce texte prévu par la loi de modernisation agricole rend obligatoire la proposition de contrat écrit par les premiers acheteurs aux producteurs. Pour les producteurs de lait, l’obligation de contrat est entrée en vigueur au 1er avril 2011. Pour les contrats conclus antérieurement, la laiterie a du proposer un avenant permettant leur mise en conformité avec les nouvelles dispositions. Ces contrats portent sur le lait cru de vache, ils ont une durée minimale de 5 ans et doivent obligatoirement mentionner : - les volumes et caractéristiques du lait livré, - les modalités de collecte, - les modalités de détermination du prix de base, - les modalités de facturation et de paiement du lait, - les modalités de révision du contrat, - les modalités de résiliation.
Dans le cadre de la mise en oeuvre obligatoire de la contractualisation dans le secteur laitier, l’interprofession
laitière (CNIEL) a édité un Guide des bonnes pratiques contractuelles. Ce document vise à faciliter l’écriture
des contrats. Il traite notamment des volumes, du prix, de la durée, de la facturation… En cas de litiges entre les
contractants, il revient à la Commission interprofessionnelle des pratiques contractuelles de contribuer à la résolution
des différends qui peuvent apparaitre dans l’exécution des contrats. Plus d’informations : http://cipclait.maisondulait.com
Nouvelles règles de redistribution de la réserve laitière. Pour la campagne laitière 2011-2012, ces règles ont
été définies dans le cadre de la nouvelle conférence de bassin. Elles concernent la redistribution d’environ 90 millions
de litres issus de la réserve du bassin normand (cumul des réserves des 5 départements). Les propositions pour le
bassin normand sont les suivantes :
- 60 000 litres forfaitaires pour tous les JA, avec possibilité d’un complément suivant la situation,
- pour tous les producteurs : 1 % de la référence détenue au 31 mars 2011 + un forfait (estimé à quelques milliers de
litres par actif associé) + l'achat éventuel de quota sans terre,
- généralisation du retour aux cessionnaires lors des transferts fonciers,
- TSST : gestion départementalisée des dossiers si possible (rachat plafonné à 10 000 litres par demandeur au prix de
0,1125 €/litre cette année, 0,075 € l'année prochaine),
- création d’une réserve technique pour certains cas particuliers étudiés au cas par cas par la conférence régionale
de bassin.
Pour la campagne 2011-2012, les demandes de références complémentaires tout comme les demandes d’aide à la
cessation d’activité laitière doivent être transmises avant le 31 août 2011.
Depuis décembre 2010, les produits laitiers peuvent être payés en Titres restaurant. L'achat est sans restriction,
pour tous types de produits laitiers : lait, yaourts, crèmes desserts, fromages blancs, fromages…
Cessation d'activité laitière
2 306 demandes (dont 99 en Basse-Normandie et 72 en Haute-Normandie) pour 351 millions de litres de lait libérables ont été déposées sur le programme d'aide à la cessation d'activité laitière (ACAL) 2010-2011. Le nombre de demandes diminue légèrement par rapport à celui de la campagne précédente (2 404), la référence moyenne libérée augmente : 152 000 litres (contre 146 000 litres pour la campagne 2009-2010). Les demandes des producteurs sont acceptées dans la limite des financements disponibles et selon des critères de priorités. Les ACAL sont financées par les pénalités payées par les producteurs en dépassement de quota en fin de campagne. Les volumes libérés sont redistribués gratuitement, via les CDOA. Ils servent notamment à conforter les références les plus faibles et à installer les jeunes producteurs. Le fait de percevoir l'ACAL n'a pas d'incidence sur le montant de l'aide découplée perçue (l'ADL sera toujours incluse dans les DPU de l'exploitation, même si la production laitière est abandonnée).
En France, il est possible d'acheter du quota laitier, sans transfert foncier. Le transfert spécifique sans terre (TSST) ou "ACAL professionnelle" s'applique aux producteurs qui répondent aux critères d'éligibilité. Pour la campagne 2010-2011 et les suivantes, le dispositif a été modifié : - généralisation du TSST à l’ensemble du territoire national (et non plus seulement aux départements qui avait choisi ce dispositif), - mutualisation des quotas libérés au niveau régional (et non plus départemental), - pluri annualité du dispositif, avec dégressivité linéaire des montants pour les producteurs qui souhaitent acquérir les volumes libérés (et non plus au tarif unique de 0,15 €/l). Les ACAL professionnelles n'interviennent qu'une fois les financements des ACAL traditionnelles pour la redistribution gratuite épuisés. Le fait d'être éligible ou de déposer une demande ne garantit pas l'attribution de quota supplémentaire via l'ACAL professionnelle. Le quota racheté est considéré comme historique mais non porteur de l'ADL. Les laiteries n'ont pas le droit de refuser ce droit à produire supplémentaire apporté par les producteurs. Il n'y a pas d'entente entre cédant et repreneur car tout est géré administrativement. Pour les éleveurs qui veulent cesser de produire du lait, l'origine des fonds (Etat ou agriculteurs achetant du quota sans terre) pour rémunérer leur cessation d'activité n'a pas d'importance sur leur indemnisation. Il n'y a donc pas de surenchères possibles.
Evolution des AOC fromagères de Normandie A noter que tous les producteurs sous AOC sont identifiés par une ODG et doivent s'engager individuellement à res-pecter les conditions de production fixées dans le cahier des charges et se soumettre aux contrôles qui en découlent.
Les règles de production du nouveau cahier des charges du Camembert de Normandie AOC se mettent progressivement en place. Les évolutions du cahier des charges portent principalement sur : - la zone géographique de production : réduction de 50 %, passant de toute la Normandie aux seules régions boca-gères de Basse-Normandie (Bocage et Pays d'Auge),- l'alimentation : pâturage obligatoire pendant 6 mois minimum, foin à volonté l'hiver, au moins 2 ha de prairies pour 1 ha de maïs ensilage depuis le 1er janvier 2010,- le type racial : pour chaque troupeau, 25 % de vaches de race normande au 1er janvier 2015 et 50 % d'ici 2020,- la fabrication : le lait ne doit pas être exposé à une température supérieure à 37°C (fabrication au lait cru), empresu-rage en bassine, moulage fractionné en 5 passages successifs espacés d’au moins 40 minutes à partir de caillé non brisé, 21 jours d'affinage dont 13 jours en hâloir, emballage en boîte en bois…
Après plusieurs années de réflexion, les travaux concernant la révision du décret fixant les conditions de
production de l'AOC Livarot sont terminés. Le Livarot est le premier fromage AOC de Basse-Normandie à faire
reconnaître le volet production de lait. L'aire d'appellation est étendue à l'ensemble de la petite région agricole du
Pays d'Auge. La ration alimentaire de base provient à 80 % de l'exploitation, la surface minimum de prairies est de
33 ares par vache traite avec au moins 6 mois de pâturage par an. Depuis le 1er janvier 2011, l'assolement dédié au
troupeau laitier doit compter au moins 2 ha de prairies pour 1 ha de maïs fourrage utilisé pour l'alimentation du troupeau
laitier. Processus d'évolution vers un troupeau 100 % de race normande : 25 % de vaches de race normande
depuis le 1er janvier 2008, 60 % au 1er janvier 2012. Au 1er janvier 2017, le Livarot sera exclusivement élaboré à
partir de lait de vaches de race normande.
Le nouveau décret relatif à l'appellation d'origine contrôlée Pont-l'Evêque est paru en février 2010. Les conditions
de production du lait à la ferme sont identiques à celles du Camembert de Normandie. La zone de production est
recentrée sur la Basse-Normandie et quelques communes de l'Eure. On note un processus d'évolution vers un troupeau
en race normande : 10 % de vaches de race normande depuis le 1er janvier 2010, 25 % en 2015, 50 % en 2020.
Pour l'AOC Neufchâtel, le lait devra provenir, à terme, de troupeaux comprenant une proportion de vaches
de race normande : 20 % minimum du troupeau en 2011, 60 % minimum en 2015. Les vaches doivent être au pâturage
6 mois/an. L'alimentation provient pour 80 % de l'exploitation, avec un minimum de 0,25 ha de prairies et un
maximum de 0,25 ha de maïs ensilage par vache, le concentré est limité à 1 800 kg/vache/an. Pour la fabrication, le
lait pasteurisé est toléré mais le Neufchâtel reste essentiellement fabriqué au lait cru.
Les 6 AOP laitières de Normandie lancent une campagne commune de communication. L’objectif est de développer
les ventes en faisant de l’AOP un facteur d’influence dans le choix des produits. En complément des actions
habituelles (salon de l’agriculture, festival des AOC, foires locales…), 3 actions prioritaires ont été
retenues pour l’année 2011 : animations dans les galeries de Normandie ; une campagne sur la
radio locale ; une campagne dans la presse hebdomadaire locale.
Plus d’informations sur : www.fromage-normandie.com
A noter que l'utilisation du nouveau logo européen AOP est obligatoire depuis le 1er mai 2009, sur les étiquettes ou emballages de tous les produits bénéficiant du logo AOC français qui ont rejoint la famille des AOP européennes. Toutes les informations le site : www.fromages-aop.com
La filière en Basse-Normandie
La Basse-Normandie est la 3e région française par la taille de son troupeau de vaches laitières (12 % de l'effectif national) et du volume de lait livré aux laiteries (11 % des livraisons). La Manche est le 1er département français par la taille de son troupeau laitier. En aval de la filière, de nombreuses entreprises de transformation assurent la valorisation du lait. La Basse-Normandie est d'ailleurs la 1re région française productrice de beurre, de crème, de fromages au lait de vache, de fromages à pâte molle, de Camembert et de fromages frais. 5 AOC attestent de la qualité des produits laitiers bas-normands.
Démarches qualité
AOC (+ AOP)
Camembert de Normandie,
Livarot,
Neufchâtel,
Pont-l'Evêque,
Beurre et Crème d'Isigny
Label Rouge
Mimolette vieille (12 mois d'affinage)
Mimolette extra-vieille (18 mois d'affinage).
Lait et produits laitiers biologiques
200 élevages, environ 50 millions de litres de lait/an.